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vendredi 20 janvier 2017

Apprendre à philosopher

Une collection que j'apprécie  au  fil  des mois
  60  numéros
Il est  temps de commencer  à archiver  :-)
avec la   phrase  clé  choisie  par la collection pour  illustrer  l’œuvre du  penseur 

Adorno : "La raison  est   un instrument de soumission de  l'homme  aux  besoins de  la société"

Aristote : L'homme heureux  et  la société  juste sont le résultat d'un  équilibre entre les extrêmes.

Averroès :  "L'éducation, fondement d'une société heureuse."

Hannah Arendt :  "   Le totalitarisme est  une  forme  de  domination qui  utilise  la  terreur pour  détruire  l'être   humain"

Francis Bacon  :  Une nouvelle  méthode scientifique  basée  sur  l'observation  et   l'expérience

Walter   Benjamin :  "il  faut  construire  l'histoire  avec  les vaincus"

Bentham :  " Ce qui  est  moral produit la  plus grande  quantité de plaisir et la  plus  petite  quantité de   douleur ."

Bergson : L'intuition  comme   méthode  d'apprentissage.

Berkeley : "La  réalité  physique n'existe  qu'en  tant  qu'elle est   perçue ou  pensée   par   quelqu'un "

Giordano Bruno : Dieu  a  crée  l'univers  infini  dans lequel  l'homme est  libre. 

Comte :  Le positivisme   scientifique permettra la  création  d'une  société fondée sur l'ordre et le  progrès.

Derrida :  La  différence  ,  moteur   d'une  nouvelle   forme  de   pensée.

Descartes :  Le doute  comme  point de départ  de la réflexion.

Diderot :  "La connaissance libère  l'homme et  le  conduit au  bonheur "

Dilthey ; Il  faut  appréhender  l'histoire  par la  subjectivité  de ses  acteurs  (
19 11 1833 -1 10 1911  Allemagne)

Epicure : " L'objectif  suprême  de  la  philosophie   est  le  bonheur"

Erasme : "Une critique  acerbe  de  l'ignorance et  du  fanatisme, sources de   tous les conflits"

Fichte  ???

Foucault : Il  n’existe  d'autre  vérité  que  celle  produite par  le  pouvoir.

Freud : "Tous les actes de  l'homme naissent   dans l'inconscient" 

Bruno Giordano : "Dieu   a créé un univers  infini dans lequel  l'homme  est  libre"

Gadamer :  Les  êtres humains interagissent avec  le  monde au  travers du  langage. 11 février  1900- 13 mars   2002  Allemagne

Habermas : L'échange  d'arguments entre les  membres  d'une  société est   le fondement  de  l'humanité

Hegel : " L'histoire  est   un  processus  menant   à  la liberté."

Heidegger : " L'homme  est  un être  qui  doit  affronter sa finitude"

Héraclite  et  Parménide :  Quelle  est l'origine  de   toute  chose? La  première  tentative  d'une  explication  de  l'univers"

Hobbes : " l'homme est un  loup  pour  l'homme"

Hume : " Notre pensée  est  fondée  sur   l'habitude  et  l'expérience."

Husserl : " Pour connaître  le  monde   il  faut le   mettre entre  parenthèses."

William  James : "La vérité  est  trop  riche   pour   être  saisie  d'un  seul  regard" (1842-1910) U.S.    Pragmatisme.

Kant : " Que  pouvons-nous savoir et  que  devons-nous faire ? De la morale   et  la connaissance"

Kierkegaard : "Nous sommes seuls  face  à  nous  même et face à  Dieu"


Leibniz : "Dieu  cet  être parfait a créé le meilleur  des  mondes "

Lévinas :  Le sujet   doit  assumer  la responsabilité  d'autrui  au point de renoncer  à  soi 

Locke : " L'état  à  le devoir  de  protéger les droits et  libertés  des citoyens"

Maïmonide  : "Qui  se  rapproche   de   Dieu, par  la foi  ou  la raison , se  rapproche de la vérité"

Marx : " La  lutte des classes est  le  moteur  de l'histoire"

Merleau-Ponty:  Le corps est l'instrument  qui permet  de  communiquer  avec  le monde.

Stuart  Mill : " L'individu   est  libre de  faire   ce  qu'il  désire, tant  que   ses actions  ne nuisent pas   à  autrui"

Montaigne  : "Il  n'y  a  pas  de  vérités absolues"

Nietzsche  :   La critique  la  plus radicale des valeurs et de la  morale occidentales  .

Ortega  y  Gasset : "Le triomphe de  la masse  sur  l'individu  est  une menace  pour  la  démocratie"

Pascal  :  Pour accéder  à  la connaissance  il  est  besoin  du  cœur  autant  que  de la raison  .

Peirce : La  pensée  est  destinée   à  formuler  une opinion  finale  qui  sera   la  vérité.
1839-1914 Américain

Platon : Les réponses aux interrogations  les  plus actuelles sur la  connaissance, l'éthique  ou  la  justice.

Plotin : "L'Un est  le principe  de  toute  réalité, ce  depuis quoi tout  part et  vers tout  converge"


Popper : Pour qu'une  théorie  soit  scientifique   il  doit  être  possible  de la  réfuter

Rawls : La  justice  est  la vertu la  plus  importante d'une société  démocratique."

Rousseau :  L'homme est bon  par  nature . C'est  la société qui  le corrompt.

Russell : Seule  la  logique  permet de bien penser

Saint  Augustin : La foi  et la raison  mènent  à  la même vérité : Dieu

Saint Thomas d'Aquin :  L'inaccessible   pour  la raison ne l'est pas  pour la  foi .

Sartre : L'homme radicalement  libre  est  seul  responsable  de  son existence  .

Schelling :  L'homme fait  partie  de  la  nature  et doit  vivre  en   harmonie  avec  elle

Schopenhauer :  La reconnaissance  de l'irrationnel comme  force dominante  de  l'univers

Socrate:  La sagesse  commence avec le  reconnaissance de  notre  ignorance.

Spinoza : L'homme  libre  connait ses passions  et  choisit   celles qui  lui  siéent  le mieux

Voltaire :  De l'importance du  dialogue. Tolérance  et  liberté de  pensée.

Wittgenstein : "Les limites de notre langage sont les  limites de  notre   monde"


lundi 29 août 2016

Celse "Contre les chrétiens " ou " le discours veritable "

Traduction  de  Benjamin  Aubé (1877)

Celse  est  un lettré; c'est un  homme cultivé, tolérant. Mais il  est effrayé  par  le sectarisme  et l'intransigeance   des tenants de  cette religion nouvelle, que ni le  raisonnement, ni  la menace  , n'empêcheront  finalement  de  conquérir  l'  l'Empire.

Benjamin Aubé

Paris 1826 - 1887


Philosophe français, professeur de Bergson au lycée Condorcet. H. Gouhier (Bergson et le Christ des évangiles, Paris, Vrin 1987, p. 205) soutient que présenter Aubé comme cousinien n’«est sans doute pas exact» : «Un de ses premiers écrits philosophiques est un article érudit et sympathique sur Gassendi dans la Nouvelle Biographie générale de Didot (1858, t. 19). Lorsqu'il rend compte du Rapport de Ravaisson, il écrit : “Au temps déjà éloigné où régnait l'éclectisme et où M. Cousin administrait la philosophie en notre pays, M. Ravaisson était un dissident, et aux yeux de l'om­brageux surintendant des études philosophiques, presque un sus­pect...”. Et un peu plus loin : “M. Ravaisson porte un jugement défi­nitif, à notre avis, sur l'œuvre de Victor Cousin, œuvre presque entièrement négative, fruit d'une méthode timide à l'excès et trop exclusivement baconienne... Le langage que tient ici M. Ravaisson sera, je crois, celui de la postérité qui se soucie non des personnes mais des idées”. Il regrette simplement que Ravaisson n'ait pas signalé les qualités de “la personne” de Cousin. Écrivant ceci en 1868, il est douteux qu'Aubé ait, huit ans plus tard, donné un enseignement “cousinien”. Il vient alors de passer sa thèse, Saint Justin philosophe et martyr, étude sur l'apologétique chrétienne au IIe siècle (1875), pre­mier d'une longue série d'ouvrages sur l'histoire du Christianisme pendant les trois premiers siècles (quatre furent mis à l'Index en 1883 et 1886). Il a publié des éditions classiques de Platon et de Sénèque, ce qui donne peut-être une indication sur son spiritualisme».
En effet, dans une notice sur La philosophie en Sicile, parue dans la «Revue des deux mondes» (n° du 1er janv. 1875, p. 237), Aubé parle de Cousin, d’une «maîtrise intellectuelle qui, en France, eut parfois les allures d’une dictature» et de «son souci d’effacer ou d’atténuer tel ou tel passage de ses écrits qui pouvait donner lieu aux accusations de germanisme et de panthéisme hégélien».
Œuvres principales: Saint-Justin, philosophe et martyr, étude critique sur l'apologétique chrétienne au IIe siècle, Paris, Thorin 1875; Histoire des persécutions de l'Église jusqu'à la fin des Antonins, Paris, Didier 1875; Histoire des persécutions de l'église. La polémique païenne a la fin du IIe siècle, Paris, Didier 1877; Chrétiens dans l'Empire Romain : de la fin des Antonins au milieu du IIIe siècle : 180-249, Paris, Didier 1881; L'Église et l'État dans la seconde moitié du IIIe siècle : 249-284, Paris, Perrin 1885.
Bibliographie: E.-G. Ledos, Aubé (Benjamin), in Dictionnaire de biographie française, Paris, Librairie Letouzey et Ané 1961, t. IIIe, col. 1464-1465; Ph. Soulez et F. Worms, Bergson, Paris, Quadrige/Puf 2002, pp. 35-40.

Bibliothèque des philosophes  :Benjamin  Aubé   


Celse  sur  Wikipedia

Celse dans Cosmos  de Michel  Onfray

vendredi 20 mars 2015

Onfray Cosmos



Ah  voilà  !
"Pourquoi  la  musique"  ,  pas   terminé   ..ça vient...   me suggère sans cesse  de nouvelles digressions.
"Soumission" : sous le  coude   gauche.
"Le bonheur   réel "  de  Badiou  , devra  attendre..   car  nécessite   toute mon attention...
 Arrive   Onfrayet  le premier opus de  Cosmos  :  A  priori   , si  je me  fie   aux 50 premières  pages  :  à boire  comme  du  petit  lait  !

Ce que  j’apprécie   particulièrement  chez  Onfray  c'est   sa  méthode  ,  l'exposition  de  ce  qu'il  va  démontrer   (ou  proposer   à  la réflexion  )
 C'est un excellent   pédagogue , soucieux d'être  compris et  respectueux de  ses lecteurs   ....

Introduction

"Cosmos une ontologie matérialiste  .
Transformer  une  catastrophe en  fidélité"
Forme  :  un pentagramme composé de pentagrammes -  5  parties faites chacune  de   5 chapitres
-première partie :  "une forme  à  priori  du  vivant" , le temps virgilien
-Deuxième partie la force  de la  force , réflexion  sur la vie  par delà  le bien  et le mal
- troisième partie : un  alter  ego  dissemblable   Thèse de  Darwin  :  il  n'y  a  pas de  différence  de nature entre l'homme et  l'animal  mais  une  différence  de  degré.
- quatrième partie   "une éthique  de l'univers  chiffonné" méditation  sur le  cosmos comme  lieu  généalogique  immanent  et païen  de la sagesse qui  permet   la coïncidence  de  soi  avec soi   donc avec les autres
-Cinquième partie  expérience  de la  vastitude   invitation  au  sublime  résultant  de la tension   entre le souci  et  l'attention  au  spectacle  du  monde   concret  et  la  petitesse  de notre conscience aiguisée ...

I 
  le temps  Une forme  à  priori  du  vivant  .
"l'âme humaine  qui  est matérielle porte  donc en  elle   la mémoire  d'une  durée   qui   se  déplie  par-delà  bien  et   mal"

1- Les formes  liquides du  temps  . le vin  mythique  qui   porte en  lui  la totalité  de   ce qui   fut  Évidemment    on  peut prendre le  vin comme   une  métaphore   Rien  n'est dissociable  du tout  , hérédité,   environnement,  évènement  , histoire   l'instant  est  unique   mais  n'est  qu'un  résultat   de  conjonctions 

2 -  les géorgiques de l'âme  Agriculture >>agri + culture   >> colere  =  cultiver  et  honorer en  même  temps.  Le paysan   laboure, sème  et récolte
Paysan  >>paganus  >> païen  L'intelligence mythologique  surpasse en  raison  le  délire  théologique  .....
Virgile  >> les géorgiques  ....
Sémantique   de  la culture  (premier sens  )   ,du champ,  de la  prairie,  du  jardin ,   des  semailles  de l'entretien  du  jardin
  métaphore  de l’éducation 
la culture  n'est pas accumulation  de  connaissances mais d'émotions
Morale  :  rester  proche  de la nature   ,  reconnaitre    qu'on  fait partie  de la  nature  ,  (notre part d'animalité  )  surtout   ne pas la renier  , mais  la  maitriser
La culture  n'est  pas   exempte  de  barbarie  (allusion  aux  nazis )
Une géorgique  de l'âme  suppose  un dressage  neuronal  érotique  et  esthétique   par l'éducation  sensuelle
(les  5  sens  réduits au  toucher    toucher par les  yeux  ,  par  l'ouie  ,  par  le  nez  ....)

3 -Après demain  ,  demain  sera  hier  
= Proverbe   Tzigane
le monde   vu  selon  la  philosophie  des  tziganes  ,  qui    représente   et porte la  mémoire de ce   que   nous étions  avant  la sédentarisation  . Le  temps  des   nomades  ,  les  heures et  les saisons  ,  le   travail   nécessaire et  le travail  inutile  ,  la propriété  ,   les mythologies  etc.... Adam   avant  d'épouser   Eve  avait   épousé  une première  femme  dont   les tziganes sont  les  descendants  >> pas  de  péché  originel  ...
" la culture  du  hérisson."


4 - le pliage  des   forces en  formes
La nature dispose  d'un  rythme  qui  n'est pas celui  des hommes
Horloge  métaphysique, métronome ontologique  , la   plante  se plie  à  son temps , qui  pour  elle  est   le  temps;   le temps du  loup
 le  temps   domestiqué  par  l'homme  "civilisé  "Temps  politique , temps  de la cité"
le désir  individuel   n'est pas  la réalité sociale
le rythme  circadien  (rythme  circadien : wikipedia)
>>Le temps  rythme  interne existant  dans la matière  des  choses
Expérience  de  Michel   Siffre
Éloge  de  l'homme   (M Siffre  ,"romain "antiques valeurs  )
Une  idée  que  j'avance moi-même  souvent  : l'orgueil  qui  n'est  pas la  vanité  , mais le  souci  d'être  toujours plus et  mieux qu'on  est
Encore   critique  de   Freud  : M Siffre  a découvert  une physique  de  la psyché  concrétè là  où  Freud  s'est  contenté d'une métaphysique  de l'âme immatérielle
Bergsonien  :  appréhender  la  durée vécue par  l'expérience  sans  l'aide  de  la  durée  mesurée  .
La  peur  : la peur  de  quelque  chose //  angoisse    qui  définit  la  peur  sans objet >> les tréfonds de l'âme  humaine qu'on peut  associer  à  un inconscient   non  freudien
Le  complexe  d'Oedipe   universel  est  une   foutaise  ....fariboles    
Au contraire  la  part  animale  révélée  par   Darwin  
Loin  des cogitations philosophiques et  des constructions conceptuelles  idéalises, voilà  donc  ce qu'est le  temps primitif,  biologique, empirique , concret , matériel, un  temps  archaïque, préhistorique  ,généalogique  mais présent, éternel,  immortel , un temps  ici  et maintenant, temps terrestres des choses terrestres, mais aussi  temps éternel  du  fleuve  qui  coule, mais dans une  sphère immobile, un  temps héraclitéen dans son  flux ,  mais  parménidien  dans sa  vérité ....
.p. 110

5 -La construction  d'un  contre-temps 

Le temps n'existe pas sans  accélérations ni  ralentissements. Son flux  n'est pas  fluide , ni son  écoulement  celui  d'un  fleuve  tranquille.
Accélération  du  temps  vitesse intrinsèque de  l'histoire
 naissance  croissance   accélération  >apogée  >dégénérescence >décadence mort  (d'une civilisation  par  ex)
Le temps accéléré  ne  va pas  vers  une  accélération  infinie  mais  vers  une  abolition  du temps
Temps  des chevaux  , des carrioles   ,  puis temps  de l'automobile   des  trans  des  avions  , et  maintenant   téléphone  , transistors  , écrans   ;  temps virgilien   , temps du  capitalisme    ,  temps du   nihilisme
Le déclin  de l'occident  de  Oswald  Spengler 

Le temps réel  dans lequel   le réel  a  lieu  a rendu gorge   sous ses  machines  qui  abolissent le  temps réel   et  le  réel   au  profit   d'un  temps d'un  temps virtuel construit  de  toutes  pièces
Le temps du  Cosmos  , un  ordre  plurimillénaire  a disparu  au  profit  du temps des machines à produire  de la virtualité
Le temps dissocié  de  ses attaches  avec  le passé et le   futur
la confusion  des temps  empêche de partir  à  la recherche   du temps perdu  et  de jouir du temps retrouvé,  elle  interdit  qu'on  connaisse  la douceur  de  la  nostalgie et  la violence du désir des choses  à  venir

Ce mouvement  n'est pas  fatal . S'il  semble impossible  d'en  sortir   à  hauteur  de  civilisation ,( c'est  trop   tard ) , , du  moins  peut-on , à  hauteur  de subjectivité , créer  et construire un  contre-temps-  un  temps  vivant  contre  ce  temps  mort.
vivre   comme  si  nous devions  mourir   demain ,  n'est  pas  non  plus  la solution
Seule la fidélité  au passé  nous permet  une   projection dans  l'avenir; car  le passé  c'est la  mémoire , donc  les choses apprises  ....
Sagesse  stoicienne  :  il   y a  des  choses  qui  dépendent  de nous   et  d'autres qui  n'en  dépendent  pas
(qui  dit   qu'on  ne  peut  changer  ce qui  ne  dépend  pas de nous  mais qu'on  doit  s'efforcer  d'améliorer  ce  sur  quoi nous avons du  pouvoir   ?   Marc Aurèle  ?  )

Possibilité de  construire  un  contre-temps comme antidote  au  temps  mort
Nietzsche  :  se  créer  liberté  

Toutes les fausses interprétations  de   la Volonté de  puissance   .......
Eternel   retour >> Deleuze  Trahison  philosophique
Corpus  cohérent  : Eternel retour  du   même
Corpus  incohérent  Volontés  de puissance +  fragments  posthumes   où  F.N  envisage  l'éternel  retour   du différent
le surhomme  ne peut  fonctionner avec  l'hypothèse  du  dissemblable hypothèse  donc  non  validée  par  F.N. (Ainsi  parlait   Zarat.. va  à l'encontre  de  cette hypothèse    

hum   à  relire  ...  pas sure d'avoir   tout  compris  :  j'aimerais  pouvoir   resumer  en   :  on se  baigne  toujours dans le  même  fleuve  ,  mais  ce  n'est   jamais  la  même  eau  ....

Rapidement M.  Onfray  passe  aux  vies d'exceptions   comme  celle  de  Gauguin  qui  decide  brusquement de   changer  radicalement   d'eixtence  :  Désormais  ,  je peindrai  tous  les jours  "
ou  à  la vie  extraordianire   Victor   Segalen >>>>  et me  voilà   partie  en  digression sur  ce   médecin  marin  poète  voyageur romancier  ethnologue  archéologue sinologue  compositeur  librettiste  en  41 ans  !!!!
Toute  construction  d'un  contre-temps existentiel est  un début   de  conquête  de  l'éternité  (fin du  chapitre  )

____
Deuxième partie  
 La  Vie
  la force  de la vie 

La  vie :  je souscris au concept  opératoire  Nietzschéen de volonté de puissance  . Mais  il  a  été  l'occasion  pour  Nietzsche  d'un immense malentendu pour n'avoir pas été  lu , comme il  aurait  fallu, à  savoir  comme  un  concept  ontologique explicatif de la totalité de  ce  qui  est. Il a été  en effet  utilisé  de  façon  politique  par  les fascismes  européens, dont le  nazisme, pour  justifier   leurs   projets  abjectes.  La volonté de puissance nomme  tout  ce qui est  et contre  lequel on ne peut  rien  faire, sinon savoir, connaître, aimer , vouloir  cet  état de fait qui nous veut et que l'on  ne peut  à  priori vouloir.  Le  fascisme voulait  ne  pas  vouloir ce qui  nous  veut, une entreprise  aux antipodes  du  projet  nietzschéen.  Le  surhomme sait   qu'on  ne peut  rien à  ce  qui  est;  le  fasciste  croyait  pouvoir  changer  l'ordre   de  ce qui est.  L'ontologie nietzschéenne est  radicalement  antifasciste.

..le vivant  ne commence pas  là où  l'identification ou  la  projection   anthropomorphe commencent..
La nature n'est  ni  bonne ni mauvaise. Elle est.

I
Botanique  de   la volonté de  puissance


Dieu ,  ce  concept invite  à la  paresse  mentale, à la jachère philosophique, il dispense  de  réflexion  et  dirige  vers la croyance qui  est  toujours  obéissance  aux récits  fabuleux, mythiques et   mythologiques qui enjolivent  le  réel    et apportent  des  couleurs chatoyantes   et parfums  capiteux,  là  où la crainte  de  déboucher   sur le  néant  angoisse, refroidit l'âme  qui  se  perd   à force  de  ne pas  se  trouver  .

(un  peu  radical  pour les mythes et   les  mythologies  !) 

Nietzsche   :  Ne détruit pas  pour le  seul  plaisir  de  détruire.  Il  n'est pas  nihiliste   car  il  propose un  remède  au  nihilisme  avec  sa pensée  de  l'éternel  retour, sa  philosophie  du  surhomme et  sa théorie  de   la volonté de puissance  ....
Zarathoustra>> l'éternel  retour  du  même.

Toutefois  on  peut  ne pas souscrire à toute  sa positivité quand  il  s'agit  de  l'éternel  retour  du  même    , c'est  mon cas  .


Volonté de  puissance   =Sipo Matador  ou Cipo Matador (dans  Fragments  posthumes +
 ou  Par   delà   le  bien  et  le   mal  )
 La vie  qui  pousse  le  parasite   à  tuer  son   hôte  pour  sa survie

Volonté de puissance  = une  force  qui  meut  tout  ce  qui  est  , le non-vivant , comme le  vivant
de  l'organisation  du cristal  d'une gemme   à  la filiation d'un couple  d''homo sapiens
Ch  Darwin   publie  à  la fin de  sa vie   Le pouvoir  du mouvement  des  végétaux

2 
Philosophie de  l'anguille  lucifuge

Epopée  de  l'anguille   .. de la mer  des  Sargasses aux rivières d’Europe  et   à  l'inverse  pour le  retour....

3
Le monde comme  volonté et comme  prédation

4 
Théorie  du  fumier  spirituel
L'anthroposophisme  ,  les  délires de la Science  spirituelle  Rudolf  Steiner  

5
Fixer  les  vertiges vitalistes

"Avant l'écriture  , la  parole   était  apprise par  coeur  , mémorisée. La capacité des  hommes  à retenir   des milliers  de phrases  définissait  alors la  poésie qui  était  d'abord sonore :  dans la tribu, un  homme  racontait   les généalogies  pour faire   remonter  la famille du  roi  jusqu'aux  ancêtres  les plus  lointains  qui  bien  sûr  étaient  des   dieux ...
A l'époque orale, époque  bénie  de la  poésie  , le poète  dit les mots de la  nature, du  monde  et  du  cosmos.  il  est une  encyclopédie des choses  à  savoir  ,  pour vivre en  harmonie  avec la nature  , le monde et le  cosmos   , donc  les  autres  .   ....."
Tradition   maintenue  après  l'oralité  chez  les  poetes  grecs puis romains  ,Virgile en  particulier  tant  apprécié  par  M  Onfray d'ailleurs.

Dans ce  chapitre   Onfray   se  consacre   à   l'apologie  de  l'ancienne  culture africaine  
Islamisation  marque   la fin  de  l'empire  de  Gao,  comme  ailleurs le  christianisme   a  mis  fin  aux  cultures païennes.
"écriture  nécessaire   à  la  culture   monothéiste "
Poésie  dans  la  culture  des masques  
Ensemble  des  cultures  , mythologies   que  se sont  accaparées  les  occidentaux   à  la  période  de  la  colonisation    .. mais aussi : décolonisation  , qui  sous  prétexte   de   révéler    des trésors  culturels  se   les  sont appropriés pour  en  faire  des objets   de   propagande  et  de  commerce  . 
Rôle des surréalistes , des peintres  abstraits 
Contrairement   à   Segalen  qui   magnifie  le  divers ,    les  artistes   parisiens   dénature  la  manière   africaine  
 L'art  nègre  ne vaut pas  en  soi,  positivement    comme  occasion  d'aller  au  devant  du  divers   cher à   Segalen , mais relativement,  négativement de façon  utilitaire  et   pragmatique   (effet  de   mode   )  

Ces artistes là  n'ont  aucun  souci  de  l'ethnologie  ou  de  l'histoire, de   la  pensée   ou  de  la spiritualité , de l'anthropologie   ou  de la  philosophie   africaine  ...
André  Breton   dénature  en    magie ( M Onfray  abhorre  la magie    et  il  argumente  !!!!)
instrumentalisation  du   génie  africain 
critique  virulente   >> Musée  des  arts  premiers
Leiris  pas  mieux que  Malraux   à   Bangkok
" pas besoin   d'instrumentaliser  l'art  nègre  pour  détruire  l'art   occidental  ou  pour  régénérer  d'un  sang  neuf  et  dionysiaque  la  vieille  forme   apollinienne  fatiguée  ..."
Breton,  Leiris / Segalen

" ...on  peut  aussi  préférer prendre  des leçons  nègres  en  voulant  partout   le  soleil ,  là   où  triomphe  la nuit  des  civilisations "

3ème partie
L'Animal
 Un  alter  ego dissemblable 

Darwinien  mais pas  antispéciste

1 
Epiphanie  de  la   bête  judéo-chrétienne 

Celse  contre  Origène
Celse  :  philosophe  romain  du  IIème  s. 9http://fr.wikipedia.org/wiki/Celse_%28philosophe%29
Origène : Un des pères de  l'église  : 185 à  253
l'anecdote particulièrement  intéressante c'est   que   la pensée  d'Origène  condamnée   par  les chrétiens  nous   soit   parvenue   par  Origène  qui   s'est  appliqué  à  reprendre  ses  arguments   afin  de  mieux  les   démonter  ! Sinon  nous  aurions  tout   ignoré  de  ce  philosophe   païen     

L'animal   relégué  au  plus bas  échelon  de la  création   ,  fait  pour  l'usage  de l'homme  , ne  pense  pas  ,  ne souffre pas  ...
Contre les chrétiens ou  le discours véritable   dans la traduction  de   Benjamin  Aubé

2
 La transformation  de l'animal  en  bête 

L'animal judéo-chrétien  est  donc  un produit  de la  Bible et  des pères de l’église
des pères de  l’église  plus  idéalistes   et penseurs  de  transcendance ontologique    y compris de  Platon  à  Descartes,  Kant   et idéalisme   en général
La patristique   gréco-latine   se  trouve  dupliquée  dans la scolastique  médiévale   que   Descartes pulvérise  avec  sa  métaphysique nouvelle   qui  récuse le  texte  comme   vérité du  monde  pour la chercher  ,  puis  la trouver , dans  une  introspection  qui  débouche  sur la création  de la  subjectivité  occidentale  . Descartes met la   bible de côté , ne  la  récuse  ni  ne la refuse  mais compose  sans elle..
>> métaphysique  du  sujet  entièrement nouvelle  
Mais cette  métaphysique oublie  l'animal  et cette carence réflexive  pérennise la  condamnation ontologique  judéo-chrétienne... la philosophie   occidentale car  il  lui  donne  un statut  laïc, rationnel, scientifique dialectique  mais  il  laisse l'animal   à son  destin  de  bête sans  âme ,  de chose  sans esprit de mécanique,  d'objet.
 Descartes >> Malebranche  (occasionnaliste) >> l'animal  sans   âme    ne  souffre  pas  >> ouverture  d'un   éternel  Treblinka   pour  les animaux

3
 le  surgissement  des  animaux  non-humains

Darwin   mais en particulier   "la descendance de  l'homme"  (1871 soit   12  ans après l'origine  des espèces (il me faut  lire  ce  livre ! )
 les singes-singes
Darwin  met  en  évidence  un  sens  moral   chez  les animaux  , sens de l'aide  , de  l'entraide , de  la coopération  qui permet  aux  plus faibles  de  survivre
>> lecture   de  Kropotkine qui  dans l'entaide   s'appuie  sur  ce qu'il  est  convenu  d'appeler  l'effet  réversif  de l'évolution  pour proposer  une  société solidaire, fraternelle , mutualiste   en un  mot   Anarchiste

Koprotkine:  penseur  anarchiste   1842- 1921 , théoricien  du  communisme   libertaire  :      http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Kropotkine

Créationnisme   c/ évolutionnisme
Avant   Darwin  ,  Bentham 1748-1832 :  hommes et  animaux  même   principes  hédonistes
Bentham  ne  condamne pas  l'animal  sacrifié  pour   se  nourrir  , mais  il  condamne  la  souffrance
Encore en  amont
 Jean  Meslier   ( 1664- 1729) Livre  qui   pose   les  bases du  matérialisme français Un testament 
un  texte   philosophique  athée  matérialiste  sensualiste utilitarsite et  conséquentialiste d'un  curé de  campagne
Meslier  sur  wikipedia  
invitation  à  un  communisme  libertaire, communaliste, concret ,  immanent

Ce texte, au titre original de Mémoires des pensées et sentiments de Jean Meslier...note 1, est considéré comme le texte fondateur de l'athéisme et de l'anticléricalisme militant en France.

Egalement  révolutionnaire  sur  le  terrain   de la  philosophie  des animaux.
Montaigne  dans la  même  ligne   aucun  animal   n'en  asservit  un  autre  l'homme est  un  animal  sadique

Ne sont pas   végétariens   >> pragmatisme

4 
Qui  veut  faire la bête  fait  l'ange  

Spécisme   et  antispécisme 
 Végétarien  ,  végétalien,  végalien 
Condamnation  par M Onfray  de  la  zoophilie  à laquelle   peut  mener  la théorie de  Spencer (!?)
 ce qui me  gene  dans  ce  chapitre  c'est  l'ébauche  d'une  tolérance   pour  l’expérimentation  animale 


5 
Miroir  brisé de  la tauromachie  
Pas  sûre  de  lire  !!   ma conviction  est  faite  depuis  longtemps  
Hé  si   j'ai lu   !!  Comme je m'y attendais   c'était  très dur  . Je  savais   M. Onfray  farouchement  opposé  à la  corrida   , mais  il  ne nous  épargne  rien pas  une once  de concession    pour   ces amateurs de   boucherie  morbide  . démonte  toute  revendication   d'un art  taurin  , ridiculise   les aficionados  et les toréadors en  paillette  .  Quelle  que  soit    le prétexte  la  pratique  est abjecte   et  les  pratiquants  des malades  . Les détails sont  difficilement   supportables   et    incontestables  . 
  Pas de  pitié  pour  les bourreaux  ,   encore  un  sujet   sur lequel  Onfray   a  dû   réunir  une   foule  d'amis  !!! 
Il ne mâche pas  ses  mots encore  une  fois  .  Qui  après avoir  Lu  ce livre  pourra  encore supporter   Michel  Leiris par  exemple   Et  quand  je    pense  qu'on  est  en  train  de    lui consacrer  une  exposition  !!!!!
 J'avais croisé  M. Leiris , je ne  sais plus à quel  sujet   ,  il  faut  que je  retrouve  ;  je  ne  soupçonnais  pas cette  dégradation  . 
Ce qui  m'effraie   , c'est  que   si  ce livre a pu  être   publié  sans faire  de  vagues  ,  c'est  que  le  discours  d'Onfray   reflète la vérité  .... Sinon  on  l'aurait  qualifié de    calomnieux  ou  diffamatoire.?

   Quatrième  partie  

Le Cosmos

Une   éthique   de  l'Univers  chiffonné 

...car  les hommes  d'avant le  monothéisme savent  qu'ils  sont fragments  d'un  grand tout et  qu'ils ne  sont  nullement  séparés  de  celui-ci 

La  physique  est une  anti métaphysique 
 La  science  contre  le  religieux 
Elève  de  Lucien  Jerphagnon
Chaque  homme   est une  quantité  négligeable  dans  l'univers , certes,  c'est donc  entendu   mais chaque homme  s'avère  également une  exception unique  , une configuration  définitivement   inédite   une singularité  sans  aucune  duplication possible  dans le  temps  et  dans  l'espace une chance de  vie  et  de  force, de puissance et  d’énergie. Cette  occurrence fragile  et  vraie  , improbable  mais réelle qu'est  toute  existence  mérite  que nous soyons  subjugués et  que   de  ce sentiment  d'étonnement radical  naisse  l'expérience  du  sublime  .

1
Permanence  du  soleil  invaincu

2
Le christianisme , un chamanisme  solaire

3
La construction  du  ciel   chrétien

la legende dorée Jacques de Voragine

Bruno  Giordano 

4
L'oubli nihiliste  du  cosmos
Se  rapprocher  de  Bachelard
"Bachelard"  me  manque   conclue  M.  Onfray 

5
Un épicurisme  transcendantal 



Cinquième  partie
 Le  Sublime
 L'expérience   de  la vastitude 

1
L'expérience  poétique  du  monde  
Le Haiku

 2
La Céne  de  l'art contemporain 
l'avant et  l'après  marcel  Duchamp

3
L'esthétique du  sens de la   terre  
Arcimboldo

4
Le sublime de la  nature
Le Land art
Michel  Onfray   voit  dans  ces démarches les voies d'accès  au sublime. 
Caspar  David  Friedrich  récupération  chrétienne  et  contre-argumentation  de  Onfray qui  voit  dans  Friedrich   l'expression  supérieure  du sublime  dans  la  nature  vu et  vécu  par  l'artiste

5 
Faire  pleurer  les pierres


Conclusion
La sagesse 
une éthique  sans  morale

Bibliographie  des livres  qui  ramènent  au  monde  

Voilà  j'ai  terminé  et   comme  pour tous les  livres  qui  nous plaisent  , j'ai bien  du mal à  le   "fermer"  .
Il  me semble  que  j'ai encore des choses  à  y  puiser,  à  éprouver,  à explorer ...
La philosophie  de  M. Onfray   me plait  décidément   et   je ne m'explique pas   ce  qui  motive ses contradicteurs  d'une manière  aussi  virulente :-) .
  Certes  il   doit déranger    car il est impitoyable    envers   ceux   qui ne pensent pas comme  lui  et   ils sont  nombreux  .  Onfray   ne parle pas  une langue de  bois  !
Si j'osais , je  dirais  que  je pense comme  lui   ^^   
   Bien sûr   je me pose encore  bien des questions  sur  certains  sujets  mais  globalement    j'ai  l'impression d'appartenir   à  son  monde  .   D'abord  pour  cette  profession  de  foi  en faveur  de l’athéisme,  pour   cette exclusive pensée   matérialiste  , sans concessions  ,  mais aussi   pour  son  rejet  de  tout  ce  qui  relève  du  phénomène  de  mode  , l'extravagance  dans le monde  des  arts   .
Son éclectisme  ne doit  rien  au  superficiel  .  Il  me  semble  que  sa culture  est  immense  comme  sa  compréhension  des domaines qu'il  aborde  . 
On ne peut  pas  lui  reprocher  de  ne  pas  jouer  le   jeu  des professionnels de la  philosophie  ,  en   n'utilisant pas  leur   jargon  puisqu'il   veut  se  tenir  à  l'écart  de   ce qui  tend  à  la  métaphysique  forcément  religieuse  , construite  par notre  culture   judéo-chrétienne  .
Il se réclame  dans la filiation de  Montaigne  , de   Darwin  de  Nietzsche ,de   Bachelard   mais aussi  de  Thoreau   ou  de  Wittgenstein qui  ont   vécu leur  philosophie  , honnêteté suprême  .
Je vais je  pense  revenir   un  peu  en arrière  et  revoir  certains chapitres . J'ai appris beaucoup de choses  , mais  beaucoup de choses  méritent  encore  réflexion.
Ne parle  pas  beaucoup  de  Schopenhauer  ou  bien  j'ai  lu  insuffisamment  .  Peut-on  parler  de   Darwin  de  Niezsche   et  même  de   Freud  sans évoquer   Schopenhauer  .
Un paradoxe , je crois que "nous"  sommes  des conservateurs    novateurs dans l'aveu  même de cette  réalité .

dimanche 8 juin 2014

Ecrits sceptiques de Bertrand Russell

Essais sceptiques

Responsables : Bertrand Russell, préface de Mathias Leboeuf, traduction de André Bernard
Belles lettres , Paris
collection Le goût des idées , numéro 8 , (janvier 2011)

Résumé

Prenant pour point de départ l’irrationalité du monde, B. Russell offre par contraste un point de vue paradoxal et subversif : la croyance en la capacité de la raison à déterminer les actions humaines. Ces essais (1928) avaient pressenti les horreurs qui résultèrent des passions irrationnelles issues des convictions religieuses et politiques, aussi connurent-ils un large succès. 
( http://www.laprocure.com/essais-sceptiques-bertrand-russell/9782251200088.html )

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Contre l'irrationnel, Bertrand Russel propose le doute

Par , publié le

Le scepticisme de Bertrand Russell est un plaidoyer en faveur de la tolérance religieuse et politique.


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html#fa4fMlFS7bfTGu2m.99
Mathématicien, logicien et philosophe, Bertrand Russell (1872-1970) est l'un des esprits les plus brillants du Royaume-Uni. Auteur des Principia mathematica (1910-1913), ouvrage majeur de la logique moderne rédigé avec son ami Whitehead, et partisan d'une philosophie scientifique fondée sur l'analyse logique, il fut aussi un moraliste et un philosophe engagé. En 1916, son pacifisme lui coûte d'être démis de ses fonctions au Trinity College à Cambridge et d'être incarcéré quelques mois. Il recevra en 1950 le Nobel de littérature, pour avoir été "au travers de ses nombreux écrits le porte-parole de la libre pensée et des idéaux humanistes".
Dans ses Essais sceptiques, publiés en 1928, Russell propose, avec humour, une doctrine dont il craint qu'elle paraisse "terriblement paradoxale et subversive", à savoir qu'"il n'est pas désirable d'admettre une proposition quand il n'y a aucune raison de supposer qu'elle est vraie". Le scepticisme rationnel ne consiste pas à douter de tout, au point de ne plus pouvoir agir. Russell reconnaît tout résultat scientifique établi, non comme absolument certain, car, même s'ils sont d'accord, les spécialistes peuvent se tromper, mais "comme suffisamment probable pour fournir la base d'une action rationnelle".
En revanche, le degré de passion et d'intolérance avec lequel sont défendues les opinions religieuses et politiques pour lesquelles les hommes acceptent de se battre mesure précisément le manque de raisons logiques en leur faveur. Au fil de pages consacrées aux sujets les plus divers, la superstition, le bonheur, l'intolérance religieuse, l'éducation ou encore le puritanisme, Russell s'emploie à montrer que seule une bonne dose de scepticisme peut déjouer les illusions qui nous font adhérer aux croyances irrationnelles et croire, par exemple, que les actions guidées par la haine de l'autre sont en réalité commandées par l'amour de la justice. Ce plaidoyer sceptique pour la tolérance et la libre pensée repose sur la conviction qu'il est possible d'augmenter notre capacité à former des jugements rationnels et de promouvoir ainsi la morale authentique, fondée non sur l'envie et la restriction, mais sur le désir d'une vie pleine et la recherche du bonheur

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html#fa4fMlFS7bfTGu2m.99
 http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html
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les belles lettres   sommaire :
 

Essais sceptiques



Résumé   |   Sommaire   |   Critiques   |   Fiche technique
I- Introduction : de la valeur du scepticisme
II- Rêves et faits
III- La science est-elle superstitieuse ?
IV- L'homme peut-il être raisonnable ?
V- La philosophie au XXe siècle
VI- La machine et les sentiments
VII- Le Behaviourisme et les valeurs
VIII- Idéals du bonheur en Orient et en Occident
IX- le mal que font les « Hommes de Bien »
X- La recrudescence du puritanisme
XI- Le besoin de scepticisme en politique
XII- Pensée libre et propagande officielle
XIII- La liberté et la société
XIV- La liberté contre l'autorité dans l'éducation
XV- Psychologie et politique
XVI- Le danger des guerres de religion
XVII- Quelques perspectives gaies et autres
Bibliographie
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Sur Libération


Silhouette dégingandée, chevelure blanche en pétard, pipe à la bouche. Une tête qu’illuminent des yeux malicieux, posée sur un cou très fin. De loin, on dirait monsieur Hulot. Dire qu’il est le plus grand philosophe britannique du XXe siècle, qui a refaçonné tous les concepts des mathématiques dans la perspective du «logicisme», en les fondant non plus sur les axiomes arithmétiques mais sur la théorie des classes et des relations, en ferait un personnage trop austère. En fait, Bertrand Arthur William Russell est un drôle de zigue. Il se définit lui-même comme «un whig britannique», et dit avoir l’amour british «du compromis et de la modération». On ne le croit pas vraiment, car, Sir Bertrand, on songe à le situer partout, sauf dans une «position moyenne».
Pacifisme. Moyenne n’est pas son ascendance : né le 18 mai 1872 à Trellech, Monmouthshire (mort le 2 février 1970 près de Penrhyndeudraeth, pays de Galles), orphelin de mère à deux ans, de père à quatre, il est le 3e comte Russell, petit-fils de John Russell, Premier ministre de la reine Victoria. Hors norme, comparable à celle d’une rock star, est la gloire qu’il connut de son vivant, avant et après le prix Nobel de littérature qu’il obtint en 1950, et jusqu’à la création, avec Jean-Paul Sartre, du Tribunal contre les crimes américains au Vietnam. Peu modérée est sa vie sentimentale, qui le fit se marier quatre fois et aller d’aventure en aventure. Enfiévrés apparaissent ses engagements politiques et éthiques, qui le firent défendre, au prix de quelques séjours en prison, le désarmement nucléaire, le pacifisme, les droits des femmes, l’éducation non autoritaire, l’amour libre, et fustiger le dogmatisme, la religion, la pruderie, les injustices du capitalisme… Voudrait-on quand même avaliser l’amour de la modération, il faudrait probablement le chercher dans le rapport que Russell entretient avec la vérité. Bien que faisant pleinement confiance aux sciences, il ne pense pas que quelque chose puisse avoir, jamais, le statut de vérité absolue, ni, à l’inverse, que toutes les propositions prétendent s’équivaloir sans se soumettre au verdict d’une argumentation sensée qui en montrerait soit l’invérifiabilité ou la fausseté (absolue) soit la vérité (relative). Aussi Sir Bertrand penche-t-il du côté du scepticisme. Non un «scepticisme héroïque» à la Pyrrhon, rejetant la possibilité même de la connaissance vraie, mais un scepticisme soft, qui cultive la disposition à écarter toute hypothèse infondée, contrôle les opinions en les confrontant loyalement aux opinions adverses et oppose des raisons raisonnables aux égarements irraisonnables des croyances.
Publiés en 1928, au moment où il adjoignait de plus en plus à son travail de philosophe, de logicien et d’épistémologue un intense activisme politique, les Ecrits sceptiques n’ont pas peu contribué à la renommée de Bertrand Russell. Ils ne provoquent pas le scandale que suscitera l’année suivante leMariage et la morale. Mais font probablement mieux. Ou irritent encore davantage bigots et bien-pensants, parce que le maître du Trinity College de Cambridge, en mêlant l’ironie, l’argumentation, l’exemplification, y démonte calmement les mythes, les peurs, les croyances sises dans la culture occidentale, qu’ils touchent l’influence de la psychanalyse, la théorie de la relativité, la superstition qui peut s’insinuer dans la science, les faux-semblants de la politique, la liberté, «les dangers des guerres de religion», le puritanisme ou «le mal que font les "hommes de bien"».
Bonheur. Comment faire pour que diminuent «les revenus des voyantes, des bookmakers, des évêques, de tous ceux enfin qui tirent leur subsistance des espoirs irrationnels» des gens ? Eh bien, il faut patiemment identifier, puis, par la force des faits, extirper les racines folles de nos convictions et nos actions, entre autres ces catégories mortifères que sont la culpabilité et le péché, «notion géographique». Ce n’est qu’ainsi que dans l’existence, dans la vie sociale, la vie politique, pourront se dégager «quelques perspectives gaies», et un idéal du bonheur qui n’exigerait pas, pour être bâti, la misère d’autrui. Aux yeux des ligues de vertu, qui empêcheront qu’il enseigne au New York City College, Bertrand Russell est l’auteur d’une œuvre «lubrique» et «dépourvue de toute fibre morale». Il écrivait : «Nous avons besoin d’une morale fondée sur l’amour de la vie, sur la joie de la croissance et des accomplissements positifs et non sur la répression et l’interdiction. On devrait considérer un homme comme "un homme de bien" s’il est heureux, expressif, généreux et joyeux du bonheur des autres.»
Robert MAGGIORI

mardi 3 septembre 2013

Spinoza par Steven Nadler

Quatrième de couverture

La vie de Spinoza (1632-1677) a donné lieu à d’innombrables légendes : le Juif excommunié d’Amsterdam, polisseur de lunettes, accusé d’athéisme, auteur de théories « scandaleuses » sur la politique, a été tour à tour vilipendé et magnifié. Mais on manquait jusqu’à ce jour d’une biographie sérieuse du grand philosophe, si l’on excepte l’ouvrage publié par l’érudit néerlandais Meinsma à la fin du siècle dernier. Or, depuis celui-ci, de nombreux documents ont été découverts, sur le contexte politique et intellectuel du spinozisme, sur les différents milieux traversés par Spinoza (néerlandais, juif, ibérique, cartésien). Surtout, le contexte religieux de la fameuse excommunication prononcée par la Synagogue d’Amsterdam est ici exploré. Pourquoi les rabbins ont-ils prononcé contre Spinoza une condamnation d’une si grande violence, le bannissant et le maudissant ?
À travers l’ouvrage de Nadler, c’est tout le monde intellectuel et religieux des Provinces-Unies du XVIIe siècle qui est ressuscité.
L'auteur: Steven Nadler est professeur de philosophie et membre du Center for Jewish Studies de l’université de Wisconsin, à Madison. Il est l’auteur d’un livre sur Malebranche (Oxford University Press) et vient de publier chez le même éditeur un nouvel ouvrage sur Spinoza et la controverse sur l’immortalité de l’âme.
( http://www.amazon.fr/Spinoza-Steven-Nadler/dp/2227470747/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1378212497&sr=1-1  )

Premier chapitre consacré à   l'installation à Amsterdam de la communauté juive   portugaise.
-En  1492   l'Espagne   expulsa  tous les juifs de son  territoire  qui  avaient  joui d'une vie    tranquille  jusqu'à  la fin  du   XIVème  siécle dans  de bonnes conditons de paux et de  sérénité
Tout changea  en  1491 D'abord en   Castille on se mit à  incendier  des  synagogues ou  à  les transformer en  églises  . Les  juifs  étaient   massacrés  ,  obligés de  se convertir  au  christianisme ou vendus  comme  esclaves   aux musulmans.. Les émeutes antujuives  gaganèrent  rapidement la Catalogne  et   Valence.
Nombreuses  conversions  forcées    dans les premières décennies  du   XV ème s (en1414 particulièrement  .  On  les  appelait   des conversos  et   ils étaient   sous surveillance  stricte  des autorités ecclésiastiques
En dépit   des   monarques   qui  tentèrent  de  sauvegarder    ce  que  la  communaute   juive  représentait    d'un point  de  vue  économique  (riches machands  )  en mettant  fin  au x  persecutions la population  juive  d'Espagne  fut  décimée
Ne subsistaient  que  les conversos  désignés   par les  termes   d'anusim par  les juifs n ou  meshummadim  ou  encore   de  façon  plus péjorative   marranos. Beaucoup  continuaient  de  pratiquer   en  secret  .
En  1479  mariage d'Isabelle  de  Castille et  de Ferdinand  d'Aragon  qui   cherchèrent  à   consolider   l'unité religieuse  en  Espagne
 Ils  favorisent  la ségrégation   des populations  (juifs  et  marranes dont ils  redoutaient   l'influence   sur  les   populations  chrétiennes  ) et      en  1478   le Pape   Sixte    accorde au souverains  d'Espagne le  droit   de nommer   des  Inquisiteurs.
En  1492 l'élimination  du  royaume musulman   de   Grenade  marque  la fin  de la conquête  chrétienne  de l'  Espagne. Afin  de  garantir   l'exclusivité de  la foi   chrétienne   (et  catholique )   les  souverains  signent  un  édit  d'expulsion  frappant  tous   les  juifs .
Conversion  ou  exil : Environ   120 000 juifs    qui  choisirent l'exil  se  rendirent  au  Portugal .D'autres gagnèrent  l'Afrique  du  nord   , l'Italie ou  la Turquie
L'inquisition se chargeaut  de persecuter  les  conversos .
Le  portugal  ne  fut  qu'un   refuge  de  brece  durée  :   le  5  decembre   1496  le  roi  Manuel Ier signaut un  decret    bannissant   juifs  et  musulmans de  son  royaume afin  de  hâter  probablement  son   mariage avec   Isablle  fille  des  souverains d'Espagne.
En  1497   conversion  forcée tous les  enfants jufs furent  baptisés.
Répit  jusqu'en   1547 date   où  une  decision papale   instaure  l'inquistion  libre  et  sans entraves au  Portugal
Pendant toute la seconde  moitié  du  XVI ème  s  les autorités  inquisitoriales   d'Espagne  et  du  Portugal  se montrèrent impitoyables.
Beaucoup   se déplacèrent  vers  le  nord  Aux confins  de   l'empire  des Habsbourg  espérant   que   les pouvoirs de l'  Inquisition   y seraient  moindres   et  qu'ils pourraient  continuer  de pratiquer  en  secret .
Les conversos portugais   commencèrent   à  s'installer   aux  Pays   bas   dès 1512 ,  à  Anvers  (centre  d'une  activité  commerciale  intense  ) En 1537  Charles Quint  donna  son  accord    officiellement  pour la poursuite  de  cette  immigration et  conserva  cette   tolèrance   meme  lorsqu'il  fut  contraint  d'interdire   l'entrée  de  "nouveaux chrétiens"  dans  ses provinces  septentrionales  ( ?) (sous   l'autorité de  l'  inquisition   , pensons   à  Don  Carlos  ! )
Les  archives  font état  des premières installations    de  ces    conversos  portugais   à Amsterdam   entre   1593 et   1610

Rappel   historique   de   l'indépendance   des  Pays  bas >>protestants   : ......
 Depuis 1477 les provinces du  Sud et la Hollande sont sous domination  des Habsbourg:  Charles Quint  puis branche espagnole
Richesse : c'est la region la plus riche d'Europe  (commerce florissant ), naissance du  capitalisme
Division religieuse  (le  Sud catholique  et  le  nord protestant    (persecutions>> inquisition )
 rebellion  contre  le pouvoir  Espagnol et son intolérance religieuse , influence   luthérienne  puis calviniste 
1579 : Union d'Utrecht des provinces du  nord  (naissance des Provinces Unies , déclaration  d'indépendance  en  1581 
Constitution des états  généraux sous la presidence de la  Hollande qui  domine la région , sept républiques   siègent à  La Haye
1648 Traité de La Haye  par lequel  L'Espagne   reconnait la nouvelle  république  
Epanouissement   au   XVIIème s :  economique  et  culturel,   La Hollande devient  première puissance commerciale du  monde (Le  centre  s'est déplacé   durant   la periode de  trouble d'Anvers à  Amsterdam )   , apogée de  la peinture artistique   (ecole flamande  :Rubens  Van Dick,  et   hollandaise Hals,  Vermeer, Ruysdael ,  En science   : philosophie avec  Spinoza   et  Lipse ,  naturalisme avec Leeuvenhoek.



samedi 24 août 2013

Le droit et le sacré chez Spinoza

Par   Henry  Méchoulan
A propos du  Traité  théologico-politique et     du Traité politique de Spinoza
Hum , brûlant  réquisitoire  contre   Spinoza et  sa désacralisation  du  pouvoir , d'où la nécessaire séparation  de l'Eglise et  de  l'état   !
Contestation de la  laïcité  ?  

J'ai aussi  appris que   Spinoza était  d'une  misogynie extrème .. Bof  , ni le premier , ni le dernier   !!

jeudi 30 mai 2013

Le propre de l'homme , sur une légitimité menacée.par Rémi Brague


http://www.amazon.fr/Propre-lhomme-l%C3%A9gitimit%C3%A9-menac%C3%A9e-ebook/dp/B00BTK3MHS/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1369922417&sr=1-1&keywords=r%C3%A9mi+brague+le+propre+de+l%27homme

"présentation :

Présentation de l'éditeur

Armes de destruction massive, pollution, extinction démographique : tout ce qui menace l’homme en tant qu’espèce vivante ne fait plus de doute. Mais il existe des facteurs qui viennent de l’homme lui-même, visant à saper son humanité propre. Ces facteurs ont beau être plus difficiles à saisir, c’est eux que Rémi Brague tâche de repérer à travers une analyse fulgurante et radicale de l’idée d’humanisme.
Car il ne s’agit plus de savoir comment nous pouvons promouvoir la valeur homme et ce qui est humain, en luttant contre toutes les figures de l’inhumain. Il s’agit désormais de savoir s’il faut vraiment promouvoir un tel humanisme. C’est l’humanisme lui-même qui est mis à mal. Ce phénomène récent, Rémi Brague en aperçoit des signes avant-coureurs dans trois œuvres majeures du XXe siècle, celle du poète russe Alexandre Blok, qui écrivait à l’ère de la révolution d’Octobre, et, plus près de nous, celles des philosophes Michel Foucault et Hans Blumenberg.
Nous ne pouvons plus nous bercer d’illusions. Il est facile de prêcher un humanisme réduit aux règles du vivre-ensemble, mais comment le fonder ? La pensée moderne est à court d’arguments pour justifier l’existence même des hommes. En cherchant à bâtir sur son propre sol, à l’exclusion de tout ce qui transcende l’humain, nature ou Dieu, elle se prive de son point d’Archimède. Est-ce une façon de dire que le projet athée des temps modernes a échoué ? C’est au lecteur d’en juger."


 Un  livre   dont  le  grand   mérite  est  sans doute    de nous provoquer pour  réagir  contre  ce  défaitisme , si  je me fie   à mes  réactions  à la lecture  de  l'article de  Marc  Semo paru dans   Libération  du  30 mai 2013 !!!

Longtemps l'humanisme  athée   sembla aller  de soi   dans la culture occidentale héritère proclamée de la Renaissance  et  des Lumières. 
Pas  si longtemps  que  ça   !! La mort  de  Dieu   n'a   vraiment commencé  à  se  répandre  qu'à  partir  de  Darwin et  l'athéisme  reste  encore  "la religion "  la  moins  bien partagée  . Là est  me  semble-t-il    , dans  cette   résistance ,  la véritable  question  .

L'homme y était maître  de  la nature  sur  fond  de  foi  dans le  progrès 
Peut  on encore contester  raisonnablement  la  notion globale de  progrès  ? Même  si   ce progrès mal  maitrisé peut  conduire à  des  catastrophes  ? C'est  sur  les moyens  de  maitriser  ce  progrès  qu'il  faut  se  pencher  , et  non dans  le  renoncement  à celui-ci.
Quant  à  la  nature    il faut   bien ici  appliquer le célèbre  "ni  maitre  ,  ni  esclave "  .     contentons-nous  d'agir   dans l'intéret  de  l'humanité et  la  nature  sera  sauvée   !

"notre humanisme   n'est  au  fond   qu'un  anti  anti-humanisme  " (R.Braque)
ça me  fait  penser  à  l'anti anti-sémitisme (auquel  j'adhère ) qui  pourrait  se  traduire  par   pro-sémite et  donc aboutirait  au  pro-humanisme  . Si on  ne dit  pas pro-sémitisme c'est  que   celà  induirait une idée fausse, parce  que  selective ,exclusive  et  restrictive  qui  serait  une  abherration  vis  à  vis  de  ceux  qui  ne  le  sont  pas  . Pro-humanisme   ne me  semble  pas incohérent  avec  la visée   de R. Braque   qui  semble lui opposer et  exclure  la religiosité  .Bien  des humanistes  n'avaient  pas  supprimer  le divin  , certains un  dieu  seulement absent .  Ceci dit   je veux bien  être pro-humatiste  dans ce  sens   , et  je  trouve   assez flatteur  et  confortable  d'y reconnaître l'humasme   athée .

Comment justifier la  légitimité de l'homme alors  qu'il  est  de plus en plus  remis en  question par des courants  de pensée  qui  le  voient comme une  espèce  parmi d'autres , voire une menace  globale  pour  la vie sur  terre  
Hum     Espèce parmi  d'autres   ,  rien  de choquant  sauf  pour un  anthropocentriste . La menace   en  outre  que  fait  peser  l'homme  est  surtout  une menace  pour lui  même   Seulement  si  vous considerez  que  la vie  c'est l'homme  ,  la vie  continuera bien  sans  nous  d'une manière  ou  d'une  autre  . 

..Tente de démontrer qu'il ne peut y  avoir  d'humanisme  sans  Dieu .Le propre  de l'homme  résiderait en  dehors   de l'humain et  dans la transcendance   comme  "une ancre dans le  ciel  ".
Rien  d'étonnant  de  la part  d'un croyant.

Sa cible  est  cette fois  ce qu'il   appelle  " l'humanisme  exclusif  ", aboutissement  au   XIXème  siécle de plus  de  deux mille  ans  d'histoire d'une pensée  occidentale fondée  sur un  double  héritage d'Athènes  et  de   Jérusalem.
Rien  de  neuf   notre  culture  est  judeo-chrétienne   dans une  filiation platonicienne

Il  y eut  d'abord  les  grecs  qui  d'abord   théorisèrent   la différence  de   l'homme   "animal raisonnable  et  animal  politique , d'avec le  reste du vivant .
La deuxième  étape  fut  celle  de l'affirmation  de  l'homme comme  supérieur  aux autres espèces   , car  choisi par  Dieu  selon la  tradition   biblique 
(avec  quelques  reserves pour  le peuple  élu  moteur  des  guerres   de  religions  )

La troisième  phase  fut  celle  de la conquête où  l'homme  de par  son  activité même  se posa selon la formule  de Descartes  comme  maitre et  possesseur  de la nature, La dernière  étape fut  celle  d'un humanisme  excluant le  divin  où  "l'homme est l'être le plus haut qui  n'en  tolère  aucun  autre  au-dessus  de  lui "
Au milieu du XIXème s commença  alors le détricotage  humain :" la  Nature sera  libre, sans  homme pour  la contraindre et  cette  race sera éteinte car  elle  était  maudite depuis son  enfance ",écrivait ainsi le jeune Gustave Flaubert . ( ?)

L'obsolescence  de  l'homme est  au coeur  de la pensée nihiliste   qui  se demande  si  c'est un bien qu'il  y  ait  quelque chose plutpot  que  rien."pourquoi  devrions nous  devoir   :  refus  assumé de  toute dette envers Dieu  comme  des générations précédentesou futures.
Convaincant  dans  sa demonstration  des limites de  l'humanisme   athée  (interessant !) le philosophe  est plus à  la peine pour  répondre à  la  question  provocatrice qui  est  au coeur  du  livre    , celle  de  savoir  s'il  est  bon  que  l'humanité existeet necessaire qu'elle  survive  
Un croyant peut  poser  cette  question  à  son  Dieu  ? 
" Ce Dieu  méchant  de la  Gnose  ou  du  manichéisme  est au fond plus plausible que  celui  de  la  Bible si  l'on  cherche  une explication  facile à  la présence du mal  dans le  monde  "

Face  à  cettte pensée  structurée  aussi  provocatrice  que  stimulatricepour  le  non -croyant  il  nous reste  à  mobiliser   le  ban  et  l'arrière ban  du  materialisme depuis  Epicure  avec  ses  dieux  trop  occupés  à  leurs  afaires pour  traiter  de  celles  des hommes   jusqu'à  Diderot  Sans parler  de  Marx  ou   Nietzsche, pour reussir   à démontrer  que l'homme, fruit  du  hasard est  d'abors s libre  de  son propre choix  .
Merci  à  Marc Semo  , voici  un livre que vous  m'avez  convaincue  de lire  ...
Sans faire  de procès  d'intention  ,  puisque  je  n'ai pas lu  le  livre :
Je ne sais pas  pour  quelle  raison  cette obstination  à  refuser   la "spiritualité " aux  athées   !!
Faut-il  reformuler  l'humanisme   ?  Un  humanisme  où lucidement   l'homme  comprend  que  son  propre  interet  réside  dans   le  souci qu'il  a  de l'autre et   que   c'est  de  cette  relation  qu'émerge  la   notion  de  bien  et  de  mal  de bon et  de  mauvais  de  beau  et  de  laid  .qu'il  en découle  des lois  (des droits et  des  devoirs )   sans  qu'il  soit   necessaire   de craindre   la colère   de Dieu   ?
Creature imparfaite  ou  dysfonctionnement des processus  individuels  ou  collectifs    la resistance   au  mal   dont l'homme  se  rend  coupable  , par  l'appel  à  la raison  me  parait  plus   constructif  que  l'espoir en  un  hypothétique  salut  qui  endort  notre  combativité  pour  des  lendemains meilleurs   (même  si  on  n'est pas  très optimiste ) .
Quant   à  savoir  pourquoi  nous sommes  là  plutôt  que  rien  Pourquoi  il  y a  eu  un  commencement   (on peut  douter  qu'il   y en ait  eu  un  .... Ma foi  il  nous  faut  bien  admettre  que  l'homme   n'a pas encore tout  découvert  ou tout compris . Ce jour  là  sera-t il  encore  un homme  ou bien   aurons  nous  laissé  la  place à  une   nouvelle  espèce  omnisciente   ?
Voici  un  sujet  inépuisable !