vendredi 19 décembre 2014

Le vrai sur-homme

Dostoïevski, Tolstoï, Camus,  Sartre , il faut impérativement   ajouter   Schopenhauer  et   Nietzsche pour  aboutir  à  l'ébauche  ,  une "esquisse"  ;-)   d' un  homme  total
.
L'homme,  Dieu,  le social  et la politique ....

Pour les quatre  premiers ,  un clivage  possible  :   Dostoievski comme  Camus  sont surtout  dans l'analyse Tolstoï  et  Sartre tentent  l'action .

N.B. Ce clivage  devrait  éclairer  leurs   positons respectives  sur  l'art ?
La beauté sauvera le monde pour   Dostoievski (je n'ai  toujours pas retrouvé  l'origine  exacte  de la citation  mais  Stepan  Trophimovitch  dans les  Possédés  le clame  haut  et  fort  !1 )
L'art  véritable  ne  peut  être que  d'inspiration  divine   selon  Tolstoï  , tout  le  reste  est méprisable
Le beau  pour Camus  je ne connais  pas trop  ses théories  esthétiques
Sartre  ?  assez sévère  si  l'on  en  juge   par  son  Baudelaire
Schopenhauer :  l'art  est le  meilleur très relatif de  la production  humaine  si  tant  est que l'homme  est capable  de  vivre  bien  et  beau  , si le bien   et  le beau  existe  dans  la  dimension  de l’humain ,  avec  un  faible   très marqué pour   la  musique   ; l'exception  !
Quant  à  Nietzsche  ... tout  un  programme  que je ne connais pas assez 

1)   dans l'Idiot  mais oui  , bien  sûr  , ne  pouvait   être dite que par  un  utopiste  !

jeudi 25 septembre 2014

Penser à quelqu'un


La présentation  de ce livre par  Robert  Maggiori dans Libé  de ce jour  me poursuit  depuis ce matin  . Je ne suis pas  sure  de  résister  mais   encore un livre   , est-ce bien  raisonnable  !!! 
Maggiori  a le don  de  me tenter  et  encore une fois  je   sens la nécessité   de  rappeler   combien  je suis attachée  à  la  presse  écrite  .  Je n'ai pas sauter le  pas  , je lis  toujours  chaque  matin  mon  quotidien  au  petit  déjeuner  et  son contenu  bien  souvent  détermine   mes réflexions de la journée  .
Je n'ai  pas  encore   trouvé  cette même  richesse par mes   parcours  sur le   web  .  Je n'arrive pas à  m'arreter  sur  une   page   sur  écran  comme  je   m'attarde  sur   le  papier  .
Cette impression  persistante  de  l'éphémère  sur le  web  me parait bien  réelle   , bien  trop  ! 
Un clic  de souris et  la   pensée  s'envole    vers d'autres  informations  qui  écrasent la précédente et  j'ai bien  peu  l'opportunité de   faire  réapparaitre  la  page  .
précisément   l'article  commence par    ces  inépuisables  définitions  de  la pensée  . , plus exactement  de  l'activité de l'esprit  qui consiste à   penser   .
 Penser  ,  reflechir  ,  imaginer,  concevoir ,  raisonner  (actif)
 Penser    prolongement  des sens   sentir, entendre    rêver  aussi   (passif)
Mais   c'est pour mieux  montrer  combien   penser   à  quelqu'un  est  différent   : penser  à   .un autre verbe.
Sujette aux idées  fixes  , la démonstration est  facile   ..
De la pensée  à  l'obsession  qui  vous  coupe du monde   ou qui  crée   entre    ce qui  n'est pas  votre obsession  et vous  mêmes avec votre idée  fixe  ,  un écran étanche , ou  plus vrai :  deux  niveaux de pensée   et  même  d'existence  .
Amour  ou  haine ,  positive   ou  négative   cette  "pensée  à"  est  destructrice  au  moins  dans les relations  au  monde  ordinaires  .
 Je pense  qu'on  peut   étendre  cette  réflexion à tout  ce qui ne se plie  pas  à  une pensée  rationnelle  .
Il me faudrait le  livre  :-)

Lisons  ..

   A propos

Le but de ce livre est  simple: il  consiste à  expliquer   pourquoi"penser à quelqu'un   "  ce  n'est pas  comme  "penser   à quelque  chose", mais pas  non  plus une exception pour la pensée  ,  ni dans  la vie .  Bien plutôt  un  modèle pour la  pensée, et  une orientation  dans la vie.¨


Première partie   :  ce  n'est pas comme penser à  quelque  chose

-Toi  tu  es  amoureux 

F.W. part  sur  une   reflexion  que lui  fit  sa grand-mère  dont il   se  souvient  qui  l'a troublé,  qu'il  a  ressenti  comme  une intrusion . Comment a-t-elle vu  .  Quelque  chose d'absent
Là  je m'interroge  :  pourquoi  la nécessité  de l'absence . Ne peut-on  penser  à quelqu'un qu'en son absence ? ou  bien  le  cas traité est-il  défini  par  cette absence  >> penser  à  quelqu'un  d'absent 
Pour ma  part   jusque là ,   pas trop  d'accord  Une mère  par exemple qui  regarde  son  enfant    peut  très bien  être  en situation ou en état de penser  à   lui . mais  FW va surement  justifier ...
Il semble  que le  triangle (sujet qui  pense  ,  la grand-mère  et  l'absent objet  de la pensée ) soit  important . illustration  cette  phrase  exprimée dans  la jalousie.

Notre  pensée  quand  on  pense à  quelqu'un  est   visible par un tiers >>sentiment d'intrusion >>viloence 
A qui pensez-vous  et non  à  quoi  pensez-vous ?  

-Je pense   à  toi 

Impossible d'imaginer  ces mots  de  façon  neutre

à cause  du  " toi  " complément  qui change  tout.
la pensée devient parole  vivante . autant que  dans  un  dialogue.(Martin  Buber  ( le Je et le Tu )
Activation  de la   relation  ,La pensée  dans le   "je pense  à  toi " est dominée par l'émotion
(Vincent  Delecroix , chanter  , reprendre la  parole)
Penser  n'est pas  transitif
/Sartre "je pense  à  Pierre  qui  n'est pas  là .

je pense:

Pare l'absence de la personne   à qui  nous  pensons  nous  prenons  conscience plus que  jamais  de  notre existence ,séparée, distincte  , individuelle Descartes avait  raison  :-)
cogito  sum cependant cruel cogito et cruelle existence  qui  se  révèlent  au  moyen  d'une  distance 
>> conscience  malheureuse  d' Hegel
(distinguer  pensée malheureuse   où  l'on retrouve  Steiner    origine  de la pensée   triste  et  pensée  malheureuse  par  ce que  des faits  malheureux  (qui  pourraient  être  aussi  heureux d'ailleurs ) , sont associés  à  la  pensée 
Quoi qu'on fasse  la  pensée  ne  résoudra  pas  l'absence  malgré  l'illusion  qu'elle peut parfois crer  "le coeur  sait qu'il n'a  pas ce pouvoir magique et  que la pensée continue à se définir  sans  lui à la fois  par son plein  et  son vide, produisant  aussi bien la douceur de l'illusion  que la cruauté de la desillusion qui  parfois suivra Plus encore ce déchirement  créera ou  réveillera en nous un  vide  et   plus qu'une absence  , un manque, une détresse, peut être autant  constitutifs de nous  mêmes, de notre subjectivité , ce que nous  croyons  être N'est-ce pas aussi par  lui  que nous nous sentons exister  ?

Il  va donc  jusqu'au plus intime ce déchirement lié   à  l'absence . Mais il  va également au  plus  ouvert, au  plus universel.
D'où ce mode de penser  qui  crée  l'empathie  , la compassion  etc....
Il se peut  que ce soit   tout l'espace de la  pensée et  du  monde  qui  s'ouvre (ou qui  risque  de  refermer) avec  elle.
Penser  à quelqu'un  Quoi  de plus simple ?  Mais tout pourrait bien  s'y  ajouter   .

Untel,  unetelle

Mes pensées vont et viennnent. Elles butent  sur ces étranges  ilots rocheux que sont les autres.
 A condition  de ne  pas  penser   à  quelqu'un colme  à  un   objet  à une chose   , ce qui  devrait  être un  principe.
Impératif Kantien  :  Ne jamais traiter quelqu'un comme  un  moyen  mais  comme  une fin .

Penser  à  quelqu'un  c'est   à  la   fois plus et  moins  que   de penser  aux  utres
 Il est impossible de  penser  à  tous  comme  de penser  à quelqu'un .
Risque et chance à  la fois

      Style:
Penser  à  quelqu'un  c'est penser  à   style

   Imagination :

Question  vitale  , esthétique ,  morale Comment imaginer  quelqu'un ?
d'abord "individuer"
Camus  mettait  à la racine du  mal  et  de la cruauté  le manque  d'imagination
Dès que je pense à  quelqu'un je l'imagine
Nous pensons à  quelqu'un  comme à  un  personnage   ou  a un personnage  comme   à  quelqu'un

Associations:

Je pense à  toi   et  nos pensées  ne sont pas  seulement  vagabondes et libres  , mais revenantes  et liées

(les catins  de  Diderot  dans le neveu de  Rameau 

Les associations entre les  idées  renverraient  -elles  aux relations entre  les êtres

Attachements  (nous  y voilà  ! )  

Nous ne choisissons pas  ou  du  moins pas toujours   ceux  à  qui  nous  pensons  et  surtout (paradoxalement) à  ceux à qui nous pensons le plus .parce que   notre pensée  à  surgi  de la relation 

nature primaire  de l'attachement:

Attachement   : désigne  le besoin  primaire d'une relation  à  un  autre  être  singulier

L'attachement  vient avant l'esprit   et  la cognition  dans le  developpement humain 

Serge lebovici "l'objet  est investi avant  d'être  perçu il est aimé ou haï avant  d'être  manipulé et  connu ..

Dedoublement,   égalité  (le contraire   de  l'autre   objet  .condition  pour  penser  à   quelqu'un 

(pas très clair   ...) 

Amour et   haine 

Rousseau : On  ne  se passionne   pas  pour  les  êtres insensibles  ...... Ce qui  nous sert on le cherche ,  mais  ce qui  veux nous servir  on  l'aimeCe qui nous  nuit on  le  fuit mais  ce qui  veut  nous nuire on  le hait  

penser  à  quelqu'un n'est jamais  neutre   c'est  immédiatement ou  l'aimer ou  le haïr.

  sur  youtube
























vendredi 12 septembre 2014

les origines ethniques des européens


A lire avec précaution  ,  (voir  le commentaire  sur  Amazon qui   me  parait   fondé. )
http://www.amazon.fr/origines-ethniques-Europ%C3%A9ens-Georges-Cerbelaud-Salagnac/dp/2262008574/ref=sr_1_3?ie=UTF8&qid=1410544562&sr=8-3&keywords=les+origines+ethniques+des+europ%C3%A9ens.
 N'étant pas spécialiste , je m'abstiens de  lecture .
Certainement de bonnes choses interessantes  mais difficile de faire le tri  .
C'était  tentant   mais  l'ampleur  du  sujet  incite à  la prudence  .
Parti-pris fondamentaliste chrétien mis en  avant   par   l'auteur  du  commentaire  et  dont  on  trouve la preuve  dès les premières  pages  (Référence   privilégiée  à  la Genèse)
Dommage  la trame  du  livre  était  séduisante  .

lundi 18 août 2014

Tolstoï : Qu'est-ce que l'art ?

Hou !!!  Si  ce n'était pas de  Tolstoï, je serais  effrayée  , c'est une condamnation  radicale   de   l'art   moderne   incluant  le romantisme ,  les impressionnistes  , les  symbolistes  les décadents  ,  sans parler  de  l'art  contemporain  qui   dessinait   son  profil  à  l'époque  ou  Tolstoï  à écrit  son  livre  .
 "il ne peut  y avoir  d'art  sans conscience  religieuse  et  la  beauté n'est qu'une  perversion  de   l'art  .
Un  commentateur  sur   Amazon  définit  très bien  l'essai  de  Tolstoï
Je me  permets de le reproduire son  message ici  , il  est parfait   (à mon sens  )  :
3.0 étoiles sur 5 La conscience religieuse, 16 avril 2013
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Qu'est-ce que l'art ? (Broché)
Dans ce texte très étonnant Léon Tolstoï explique sa vision sur l'art et le but de l'art.

L'art, la religion, les classes, le professionnalisme
Pour Léon Tolstoï, l'art est une activité humaine qui consiste à transmettre des sentiments (des émotions) par des signes extérieurs. L'art ne consiste pas à créer de la beauté ou du plaisir ou à exprimer des émotions, mais à infecter les spectateurs, les lecteurs ou les auditeurs avec des sentiments. La valeur de ces sentiments doit être déterminée par la conscience religieuse (chrétienne), qui nous dicte ce qui est bon ou mauvais. Le critère de base pour désigner ce qui est bon, est la vie fraternelle de l'ensemble des populations sur terre. Le but de l'art consiste donc à transférer du domaine de la raison au domaine des émotions, la vérité que le bien-être de la population mondiale consiste dans son unité et dans le remplacement de la violence par l'amour (le Royaume de Dieu).
Malheureusement, les classes supérieures, les plus grands `consommateurs' d'art moderne, ont perdu la foi. Ils ont réduit l'art à la transmission de sentiments de vanité, d'amusement et de luxure. L'art est devenu artificiel, insincère et perverti. En un mot, une prostituée.
La sincérité de l'art a également été considérablement affaiblie quand les artistes sont devenus de purs professionnels.

Les moyens et les fins artistiques
Pour Léon Tolstoï, l'art `chrétien' peut être religieux (la transmission de sentiments concernant Dieu) ou universel (la transmission de sentiments quotidiens simples).
Des dissimulations délibérées visant à éveiller la curiosité, la révélation de nouveaux aspects de la réalité ou la mise de points d'interrogation dans une aeuvre n'aident pas, mais entravent la véritable transmission artistique. La poésie herméneutique n'est qu'une suite de mots incompréhensible, alors que le réalisme et le naturalisme ne sont pas plus que des contrefaçons de la réalité.

Évaluation
En effet, une des essences de l'art est la transmission de sentiments (d'émotions) dans le lecteur, l'auditeur ou le spectateur. Mais, la conscience religieuse (chrétienne) ne peut en aucun cas être considérée comme le (seul) critère pour déterminer si l'art est bon ou mauvais. L'art peut aussi transmettre des messages (émotionnels) sur des réalités sociales ou politiques (guerre, paix), sur la psychologie humaine (amour, haine) ou encore sur des réalités potentielles (de l'anticipation).
Les messages peuvent, bien sûr, être transmis sous une forme attrayante, suscitant la curiosité du lecteur/spectateur.
L'analyse de la poésie herméneutique ne vaut peut-être pas la peine (en fin de compte elle ne cache souvent que des sentiments/messages simples), mais les exemples que Léon Tolstoï donne, sont très compréhensibles.
In fine, l'argumentation de Léon Tolstoï concernant la transmission de sentiments simples devient une caricature, quand il rejette le Faust de Goethe parce que la pièce de théâtre n'est qu'une imitation d'anciennes aeuvres d'autres écrivains, ou, quand il appelle les dernières compositions de Beethoven (y compris sa 9me symphonie) du charabia artistique, parce que Beethoven était sourd quand il les a composées.

Ce texte controversé ne peut être recommandé qu'aux fanas de Léon Tolstoï et qu'aux professionnels de (histoire de) l'art.
http://www.amazon.fr/review/R4QSDA08GU60K/ref=cm_cr_dp_title?ie=UTF8&ASIN=2130554407&channel=detail-glance&nodeID=301061&store=books


Ceci  dit  par ce que  c'est  Tolstoï on ne peut s'empecher une  certaine  sympathie  lorsqu'il  parle  d'art   dévoyé  par  le  marché de  l'art   et le professionnalisme  , lorsqu'il  regrette   toutes les energies dépensées  dans  des projets  futiles   quand    tant  de  misère  pourrait  être  soulagée  par  les sommes englouties dans des  expériences  artistiques  contestables  .... quand des fortunes croupissent   dans  descoffres-forts   ... quand  l'élitisme creuse  l'abîme  entre ceux qui  ont accès  à  l'art   et  ceux  qui en sont  exclus  .
Il n'a  pas tort  non  plus  quand   il affirme   que  les critères  esthétiques dans nos sociétés  occidentales  sont rarement  sincères et  authentiques  mais plus souvent   artificiels  et subordonnés  aux  lois de ce qu'on appelle  aujourd'hui  merchandising .
A mon avis  otez  à son  jugement  la conscience  religieuse   et  nous  retrouvons  beaucoup des fondements du  communisme   ou encore peut-être bien  des échos à certaines théories  bouddhistes
 Romain  Rolland  le  définissait  comme  un anarchiste  chrétien ..
Peut  être  faut-il  aussi   retenir  de  l'expression  conscience  religieuse   que   l'étymologie  stricte  du  mot  religieux  :  encore que  ... :
  Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier)

- relegere, de legere (cueillir, rassembler). Cette filiation sémantique et formelle trouve sa source dans Cicéron et est soutenue par Benveniste. C'est l'expérience de la sacralité, voire de la sainteté, de l'indemne sain et sauf : recueillir pour revenir et recommencer, dans une attention scrupuleuse, dans le respect, la patience, avec pudeur et piété. C'est l'être, l'essence, la chose même de la religion.
- religare, de ligare (lier, relier). C'est une étymologie probablement inventée par les chrétiens : la religion comme lien, lien social, croyance, lien fiduciaire, crédit fait au tout-autre en sa bonne foi, expérience du témoignage, obligation, ligament, devoir, dette entre hommes ou entre l'homme et dieu.
Ces deux sources sémantiques se croisent. Tout en critiquant Benveniste, en insistant sur le fait que l'étymologie ne fait jamais loi, Jacques Derrida les prend au sérieux. La distinction est "quasi-transcendantale". Elle correspond à deux veines irréductibles de la religion. La répétition de cette division est, "en vérité", l'origine de la répétition, la division du même.
Tant que la religion n'est pas instituée, il n'y a pas de terme commun à ce que nous appelons religion, il n'y a pas une chose une et identifiable que tous s'accorderaient à appeler religion. Unifier les deux termes, c'est résister à la disjonction, à l'altérité absolue. ( http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0709031246.html)

Et encore parce que  c'est  Tolstoï j'aimerais  bien m' y attarder  davantage  ...

Baudelaire , Verlaine ,Mallarmé   Pouchkine  ,  Wagner,  Beethoven  , les impressionnistes sont condamnés
Millet , Dostoievski  (difficile  à  comprendre  !) les contes et légendes populaires ont sa faveur   
Ah encore :  l'objet de  la  beauté se résume  au  plaisir .

lundi 4 août 2014

Tolstoï par Romain Rolland

Passionnant . J'adore cette manière de Romain Rolland d'admirer sans édulcorer les faiblesses qui sont fatales chez les passionnés. La critique des "Ecrits sur l'art " est un régal notamment bien évidemment quand il s'agit de musique.

mercredi 23 juillet 2014

Sacré et profane (dans la musique )

Quatrième de couverture :
"Du Moyen  âge,  époque   pendant laquelle   toute  expérience  musicale  était vouée  à  la divinité,  au   XXéme  siècle , où  il  est de bon ton  de déplorer   la fin  du sacré , ce livre  est un questionnement  sur  e  sacré et  le profane en musique. Faut-il  trouver  des passerelles entre   ces deux  notions ou  alors  les  opposer ?  Leurs rapports sont  complexes :  sont-ils  conflictuels ?
Les  Textes présentés ici  poussent  plutôt  au  dépassement des contraires et  à  l'abandon  d'une opposition un peu  convenue.  S'ils  témoignent de   la présence  et  de   l'influence des thèmes  sacrés  dans la création  musicale, ils expriment  aussi  l'évolution  des normes  et  du  vocabulaire  de la  musique  sacrée, ainsi  que l'émergence de  techniques  nouvelles  de  composition et  la  force   de  rituels sociaux qui ont permis  le rapprochement  du  sacré et  du profane."

dimanche 8 juin 2014

Ecrits sceptiques de Bertrand Russell

Essais sceptiques

Responsables : Bertrand Russell, préface de Mathias Leboeuf, traduction de André Bernard
Belles lettres , Paris
collection Le goût des idées , numéro 8 , (janvier 2011)

Résumé

Prenant pour point de départ l’irrationalité du monde, B. Russell offre par contraste un point de vue paradoxal et subversif : la croyance en la capacité de la raison à déterminer les actions humaines. Ces essais (1928) avaient pressenti les horreurs qui résultèrent des passions irrationnelles issues des convictions religieuses et politiques, aussi connurent-ils un large succès. 
( http://www.laprocure.com/essais-sceptiques-bertrand-russell/9782251200088.html )

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Contre l'irrationnel, Bertrand Russel propose le doute

Par , publié le

Le scepticisme de Bertrand Russell est un plaidoyer en faveur de la tolérance religieuse et politique.


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html#fa4fMlFS7bfTGu2m.99
Mathématicien, logicien et philosophe, Bertrand Russell (1872-1970) est l'un des esprits les plus brillants du Royaume-Uni. Auteur des Principia mathematica (1910-1913), ouvrage majeur de la logique moderne rédigé avec son ami Whitehead, et partisan d'une philosophie scientifique fondée sur l'analyse logique, il fut aussi un moraliste et un philosophe engagé. En 1916, son pacifisme lui coûte d'être démis de ses fonctions au Trinity College à Cambridge et d'être incarcéré quelques mois. Il recevra en 1950 le Nobel de littérature, pour avoir été "au travers de ses nombreux écrits le porte-parole de la libre pensée et des idéaux humanistes".
Dans ses Essais sceptiques, publiés en 1928, Russell propose, avec humour, une doctrine dont il craint qu'elle paraisse "terriblement paradoxale et subversive", à savoir qu'"il n'est pas désirable d'admettre une proposition quand il n'y a aucune raison de supposer qu'elle est vraie". Le scepticisme rationnel ne consiste pas à douter de tout, au point de ne plus pouvoir agir. Russell reconnaît tout résultat scientifique établi, non comme absolument certain, car, même s'ils sont d'accord, les spécialistes peuvent se tromper, mais "comme suffisamment probable pour fournir la base d'une action rationnelle".
En revanche, le degré de passion et d'intolérance avec lequel sont défendues les opinions religieuses et politiques pour lesquelles les hommes acceptent de se battre mesure précisément le manque de raisons logiques en leur faveur. Au fil de pages consacrées aux sujets les plus divers, la superstition, le bonheur, l'intolérance religieuse, l'éducation ou encore le puritanisme, Russell s'emploie à montrer que seule une bonne dose de scepticisme peut déjouer les illusions qui nous font adhérer aux croyances irrationnelles et croire, par exemple, que les actions guidées par la haine de l'autre sont en réalité commandées par l'amour de la justice. Ce plaidoyer sceptique pour la tolérance et la libre pensée repose sur la conviction qu'il est possible d'augmenter notre capacité à former des jugements rationnels et de promouvoir ainsi la morale authentique, fondée non sur l'envie et la restriction, mais sur le désir d'une vie pleine et la recherche du bonheur

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html#fa4fMlFS7bfTGu2m.99
 http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html
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les belles lettres   sommaire :
 

Essais sceptiques



Résumé   |   Sommaire   |   Critiques   |   Fiche technique
I- Introduction : de la valeur du scepticisme
II- Rêves et faits
III- La science est-elle superstitieuse ?
IV- L'homme peut-il être raisonnable ?
V- La philosophie au XXe siècle
VI- La machine et les sentiments
VII- Le Behaviourisme et les valeurs
VIII- Idéals du bonheur en Orient et en Occident
IX- le mal que font les « Hommes de Bien »
X- La recrudescence du puritanisme
XI- Le besoin de scepticisme en politique
XII- Pensée libre et propagande officielle
XIII- La liberté et la société
XIV- La liberté contre l'autorité dans l'éducation
XV- Psychologie et politique
XVI- Le danger des guerres de religion
XVII- Quelques perspectives gaies et autres
Bibliographie
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Sur Libération


Silhouette dégingandée, chevelure blanche en pétard, pipe à la bouche. Une tête qu’illuminent des yeux malicieux, posée sur un cou très fin. De loin, on dirait monsieur Hulot. Dire qu’il est le plus grand philosophe britannique du XXe siècle, qui a refaçonné tous les concepts des mathématiques dans la perspective du «logicisme», en les fondant non plus sur les axiomes arithmétiques mais sur la théorie des classes et des relations, en ferait un personnage trop austère. En fait, Bertrand Arthur William Russell est un drôle de zigue. Il se définit lui-même comme «un whig britannique», et dit avoir l’amour british «du compromis et de la modération». On ne le croit pas vraiment, car, Sir Bertrand, on songe à le situer partout, sauf dans une «position moyenne».
Pacifisme. Moyenne n’est pas son ascendance : né le 18 mai 1872 à Trellech, Monmouthshire (mort le 2 février 1970 près de Penrhyndeudraeth, pays de Galles), orphelin de mère à deux ans, de père à quatre, il est le 3e comte Russell, petit-fils de John Russell, Premier ministre de la reine Victoria. Hors norme, comparable à celle d’une rock star, est la gloire qu’il connut de son vivant, avant et après le prix Nobel de littérature qu’il obtint en 1950, et jusqu’à la création, avec Jean-Paul Sartre, du Tribunal contre les crimes américains au Vietnam. Peu modérée est sa vie sentimentale, qui le fit se marier quatre fois et aller d’aventure en aventure. Enfiévrés apparaissent ses engagements politiques et éthiques, qui le firent défendre, au prix de quelques séjours en prison, le désarmement nucléaire, le pacifisme, les droits des femmes, l’éducation non autoritaire, l’amour libre, et fustiger le dogmatisme, la religion, la pruderie, les injustices du capitalisme… Voudrait-on quand même avaliser l’amour de la modération, il faudrait probablement le chercher dans le rapport que Russell entretient avec la vérité. Bien que faisant pleinement confiance aux sciences, il ne pense pas que quelque chose puisse avoir, jamais, le statut de vérité absolue, ni, à l’inverse, que toutes les propositions prétendent s’équivaloir sans se soumettre au verdict d’une argumentation sensée qui en montrerait soit l’invérifiabilité ou la fausseté (absolue) soit la vérité (relative). Aussi Sir Bertrand penche-t-il du côté du scepticisme. Non un «scepticisme héroïque» à la Pyrrhon, rejetant la possibilité même de la connaissance vraie, mais un scepticisme soft, qui cultive la disposition à écarter toute hypothèse infondée, contrôle les opinions en les confrontant loyalement aux opinions adverses et oppose des raisons raisonnables aux égarements irraisonnables des croyances.
Publiés en 1928, au moment où il adjoignait de plus en plus à son travail de philosophe, de logicien et d’épistémologue un intense activisme politique, les Ecrits sceptiques n’ont pas peu contribué à la renommée de Bertrand Russell. Ils ne provoquent pas le scandale que suscitera l’année suivante leMariage et la morale. Mais font probablement mieux. Ou irritent encore davantage bigots et bien-pensants, parce que le maître du Trinity College de Cambridge, en mêlant l’ironie, l’argumentation, l’exemplification, y démonte calmement les mythes, les peurs, les croyances sises dans la culture occidentale, qu’ils touchent l’influence de la psychanalyse, la théorie de la relativité, la superstition qui peut s’insinuer dans la science, les faux-semblants de la politique, la liberté, «les dangers des guerres de religion», le puritanisme ou «le mal que font les "hommes de bien"».
Bonheur. Comment faire pour que diminuent «les revenus des voyantes, des bookmakers, des évêques, de tous ceux enfin qui tirent leur subsistance des espoirs irrationnels» des gens ? Eh bien, il faut patiemment identifier, puis, par la force des faits, extirper les racines folles de nos convictions et nos actions, entre autres ces catégories mortifères que sont la culpabilité et le péché, «notion géographique». Ce n’est qu’ainsi que dans l’existence, dans la vie sociale, la vie politique, pourront se dégager «quelques perspectives gaies», et un idéal du bonheur qui n’exigerait pas, pour être bâti, la misère d’autrui. Aux yeux des ligues de vertu, qui empêcheront qu’il enseigne au New York City College, Bertrand Russell est l’auteur d’une œuvre «lubrique» et «dépourvue de toute fibre morale». Il écrivait : «Nous avons besoin d’une morale fondée sur l’amour de la vie, sur la joie de la croissance et des accomplissements positifs et non sur la répression et l’interdiction. On devrait considérer un homme comme "un homme de bien" s’il est heureux, expressif, généreux et joyeux du bonheur des autres.»
Robert MAGGIORI