Pour ne plus courir après mes notes de lectures , conserver des impressions, enthousiasmes ou désaccords, noter tous ces livres convoités car on ne peut pas tout acheter ou tout lire , hélas! Ceci est un brouillon, un instrument de travail utile pour moi mais je souhaiterais suggérer votre participation et vos commentaires , ce qui explique ma décision aujourd'hui de l'ouvrir à tous Merci de votre lecture.
vendredi 23 janvier 2015
Badiou/Gauchet Que faire ?
On croyait que le communisme s'était définitivement effondré avec la chute du mur de Berlin et que la démocratie libérale avait gagné la partie. Voilà qu'avec la crise sans précédent que nous traversons , le champ des possibles se redistribue. La démocratie est-elle irrémédiablement captive du capitalisme ou peut elle se réinventer pour répondre au défi de la mondialisation ?
Dans un dialogue inédit et exclusif, Alain Badiou , figure de proue de la gauche radicale et principal avocat de l'idée communiste, et Marcel Gauchet, représentant majeur de l’anti-totalitarisme et défenseur de la démocratie libérale, se confrontent.
Ensemble ils font le bilan de l'histoire et opposent leurs projets respectifs ; d''un coté , la réactualisation de l'hypothèse communiste de l'autre la réforme en profondeur d'un modèle démocratique contesté.
(4 de couv )
l'hypothèse communiste (l'idée communiste) n'est pas à écarter
la démocratie captive du capitalisme probablement !!
Des remèdes pour corriger la situation jugée insoutenable pour les deux contradicteurs ... surement ! surtout quand dans le même temps on ose révéler que 1 % de la population mondiale possède la moitié des ressources de la planète !
faut il évoquer la perspective de .B. Stiegler sur l'économie contributive ou économie de contribution ?
on voit que les soucis sont les mêmes mais les solutions mystérieuses
pourtant l'absence de perspectives n'est -elle pas la promesse de violences à plus ou moins long terme.
Les récents événements devraient nous alarmer : la politique de l'autruche ne mène nulle part et surtout pas à la paix sociale .
jeudi 22 janvier 2015
vendredi 19 décembre 2014
Le vrai sur-homme
Dostoïevski, Tolstoï, Camus, Sartre , il faut impérativement ajouter Schopenhauer et Nietzsche pour aboutir à l'ébauche , une "esquisse" ;-) d' un homme total
.
L'homme, Dieu, le social et la politique ....
Pour les quatre premiers , un clivage possible : Dostoievski comme Camus sont surtout dans l'analyse Tolstoï et Sartre tentent l'action .
N.B. Ce clivage devrait éclairer leurs positons respectives sur l'art ?
La beauté sauvera le monde pour Dostoievski (je n'ai toujours pas retrouvé l'origine exacte de la citation mais Stepan Trophimovitch dans les Possédés le clame haut et fort !1 )
L'art véritable ne peut être que d'inspiration divine selon Tolstoï , tout le reste est méprisable
Le beau pour Camus je ne connais pas trop ses théories esthétiques
Sartre ? assez sévère si l'on en juge par son Baudelaire
Schopenhauer : l'art est le meilleur très relatif de la production humaine si tant est que l'homme est capable de vivre bien et beau , si le bien et le beau existe dans la dimension de l’humain , avec un faible très marqué pour la musique ; l'exception !
Quant à Nietzsche ... tout un programme que je ne connais pas assez
1) dans l'Idiot mais oui , bien sûr , ne pouvait être dite que par un utopiste !
.
L'homme, Dieu, le social et la politique ....
Pour les quatre premiers , un clivage possible : Dostoievski comme Camus sont surtout dans l'analyse Tolstoï et Sartre tentent l'action .
N.B. Ce clivage devrait éclairer leurs positons respectives sur l'art ?
La beauté sauvera le monde pour Dostoievski (je n'ai toujours pas retrouvé l'origine exacte de la citation mais Stepan Trophimovitch dans les Possédés le clame haut et fort !1 )
L'art véritable ne peut être que d'inspiration divine selon Tolstoï , tout le reste est méprisable
Le beau pour Camus je ne connais pas trop ses théories esthétiques
Sartre ? assez sévère si l'on en juge par son Baudelaire
Schopenhauer : l'art est le meilleur très relatif de la production humaine si tant est que l'homme est capable de vivre bien et beau , si le bien et le beau existe dans la dimension de l’humain , avec un faible très marqué pour la musique ; l'exception !
Quant à Nietzsche ... tout un programme que je ne connais pas assez
1) dans l'Idiot mais oui , bien sûr , ne pouvait être dite que par un utopiste !
jeudi 25 septembre 2014
Penser à quelqu'un
La présentation de ce livre par Robert Maggiori dans Libé de ce jour me poursuit depuis ce matin . Je ne suis pas sure de résister mais encore un livre , est-ce bien raisonnable !!!
Maggiori a le don de me tenter et encore une fois je sens la nécessité de rappeler combien je suis attachée à la presse écrite . Je n'ai pas sauter le pas , je lis toujours chaque matin mon quotidien au petit déjeuner et son contenu bien souvent détermine mes réflexions de la journée .
Je n'ai pas encore trouvé cette même richesse par mes parcours sur le web . Je n'arrive pas à m'arreter sur une page sur écran comme je m'attarde sur le papier .
Cette impression persistante de l'éphémère sur le web me parait bien réelle , bien trop !
Un clic de souris et la pensée s'envole vers d'autres informations qui écrasent la précédente et j'ai bien peu l'opportunité de faire réapparaitre la page .
précisément l'article commence par ces inépuisables définitions de la pensée . , plus exactement de l'activité de l'esprit qui consiste à penser .
Penser , reflechir , imaginer, concevoir , raisonner (actif)
Penser prolongement des sens sentir, entendre rêver aussi (passif)
Mais c'est pour mieux montrer combien penser à quelqu'un est différent : penser à .un autre verbe.
Sujette aux idées fixes , la démonstration est facile ..
De la pensée à l'obsession qui vous coupe du monde ou qui crée entre ce qui n'est pas votre obsession et vous mêmes avec votre idée fixe , un écran étanche , ou plus vrai : deux niveaux de pensée et même d'existence .
Amour ou haine , positive ou négative cette "pensée à" est destructrice au moins dans les relations au monde ordinaires .
Je pense qu'on peut étendre cette réflexion à tout ce qui ne se plie pas à une pensée rationnelle .
Il me faudrait le livre :-)
Lisons ..
A propos
Le but de ce livre est simple: il consiste à expliquer pourquoi"penser à quelqu'un " ce n'est pas comme "penser à quelque chose", mais pas non plus une exception pour la pensée , ni dans la vie . Bien plutôt un modèle pour la pensée, et une orientation dans la vie.¨
Première partie : ce n'est pas comme penser à quelque chose
-Toi tu es amoureux
F.W. part sur une reflexion que lui fit sa grand-mère dont il se souvient qui l'a troublé, qu'il a ressenti comme une intrusion . Comment a-t-elle vu . Quelque chose d'absentLà je m'interroge : pourquoi la nécessité de l'absence . Ne peut-on penser à quelqu'un qu'en son absence ? ou bien le cas traité est-il défini par cette absence >> penser à quelqu'un d'absent
Pour ma part jusque là , pas trop d'accord Une mère par exemple qui regarde son enfant peut très bien être en situation ou en état de penser à lui . mais FW va surement justifier ...
Il semble que le triangle (sujet qui pense , la grand-mère et l'absent objet de la pensée ) soit important . illustration cette phrase exprimée dans la jalousie.
Notre pensée quand on pense à quelqu'un est visible par un tiers >>sentiment d'intrusion >>viloence
A qui pensez-vous et non à quoi pensez-vous ?
-Je pense à toi
à cause du " toi " complément qui change tout.Impossible d'imaginer ces mots de façon neutre
la pensée devient parole vivante . autant que dans un dialogue.(Martin Buber ( le Je et le Tu )
Activation de la relation ,La pensée dans le "je pense à toi " est dominée par l'émotion
(Vincent Delecroix , chanter , reprendre la parole)
Penser n'est pas transitif
/Sartre "je pense à Pierre qui n'est pas là .
je pense:
Pare l'absence de la personne à qui nous pensons nous prenons conscience plus que jamais de notre existence ,séparée, distincte , individuelle Descartes avait raison :-)
cogito sum cependant cruel cogito et cruelle existence qui se révèlent au moyen d'une distance>> conscience malheureuse d' Hegel
(distinguer pensée malheureuse où l'on retrouve Steiner origine de la pensée triste et pensée malheureuse par ce que des faits malheureux (qui pourraient être aussi heureux d'ailleurs ) , sont associés à la pensée
Quoi qu'on fasse la pensée ne résoudra pas l'absence malgré l'illusion qu'elle peut parfois crer "le coeur sait qu'il n'a pas ce pouvoir magique et que la pensée continue à se définir sans lui à la fois par son plein et son vide, produisant aussi bien la douceur de l'illusion que la cruauté de la desillusion qui parfois suivra Plus encore ce déchirement créera ou réveillera en nous un vide et plus qu'une absence , un manque, une détresse, peut être autant constitutifs de nous mêmes, de notre subjectivité , ce que nous croyons être N'est-ce pas aussi par lui que nous nous sentons exister ?
Il va donc jusqu'au plus intime ce déchirement lié à l'absence . Mais il va également au plus ouvert, au plus universel.D'où ce mode de penser qui crée l'empathie , la compassion etc....
Il se peut que ce soit tout l'espace de la pensée et du monde qui s'ouvre (ou qui risque de refermer) avec elle.
Penser à quelqu'un Quoi de plus simple ? Mais tout pourrait bien s'y ajouter .
Untel, unetelle
Mes pensées vont et viennnent. Elles butent sur ces étranges ilots rocheux que sont les autres.A condition de ne pas penser à quelqu'un colme à un objet à une chose , ce qui devrait être un principe.
Impératif Kantien : Ne jamais traiter quelqu'un comme un moyen mais comme une fin .
Penser à quelqu'un c'est à la fois plus et moins que de penser aux utres
Il est impossible de penser à tous comme de penser à quelqu'un .
Risque et chance à la fois
Style:
Penser à quelqu'un c'est penser à style
Imagination :
Question vitale , esthétique , morale Comment imaginer quelqu'un ?d'abord "individuer"
Camus mettait à la racine du mal et de la cruauté le manque d'imagination
Dès que je pense à quelqu'un je l'imagine
Nous pensons à quelqu'un comme à un personnage ou a un personnage comme à quelqu'un
Associations:
Je pense à toi et nos pensées ne sont pas seulement vagabondes et libres , mais revenantes et liées
(les catins de Diderot dans le neveu de Rameau
Les associations entre les idées renverraient -elles aux relations entre les êtres
Attachements (nous y voilà ! )
Nous ne choisissons pas ou du moins pas toujours ceux à qui nous pensons et surtout (paradoxalement) à ceux à qui nous pensons le plus .parce que notre pensée à surgi de la relation
nature primaire de l'attachement:
Attachement : désigne le besoin primaire d'une relation à un autre être singulier
L'attachement vient avant l'esprit et la cognition dans le developpement humain
Serge lebovici "l'objet est investi avant d'être perçu il est aimé ou haï avant d'être manipulé et connu ..
Dedoublement, égalité (le contraire de l'autre objet .condition pour penser à quelqu'un
(pas très clair ...)
Amour et haine
Rousseau : On ne se passionne pas pour les êtres insensibles ...... Ce qui nous sert on le cherche , mais ce qui veux nous servir on l'aimeCe qui nous nuit on le fuit mais ce qui veut nous nuire on le hait
penser à quelqu'un n'est jamais neutre c'est immédiatement ou l'aimer ou le haïr.
sur youtube
vendredi 12 septembre 2014
les origines ethniques des européens
A lire avec précaution , (voir le commentaire sur Amazon qui me parait fondé. )
http://www.amazon.fr/origines-ethniques-Europ%C3%A9ens-Georges-Cerbelaud-Salagnac/dp/2262008574/ref=sr_1_3?ie=UTF8&qid=1410544562&sr=8-3&keywords=les+origines+ethniques+des+europ%C3%A9ens.
N'étant pas spécialiste , je m'abstiens de lecture .
Certainement de bonnes choses interessantes mais difficile de faire le tri .
C'était tentant mais l'ampleur du sujet incite à la prudence .
Parti-pris fondamentaliste chrétien mis en avant par l'auteur du commentaire et dont on trouve la preuve dès les premières pages (Référence privilégiée à la Genèse)
Dommage la trame du livre était séduisante .
lundi 18 août 2014
Tolstoï : Qu'est-ce que l'art ?
Hou !!! Si ce n'était pas de Tolstoï, je serais effrayée , c'est une condamnation radicale de l'art moderne incluant le romantisme , les impressionnistes , les symbolistes les décadents , sans parler de l'art contemporain qui dessinait son profil à l'époque ou Tolstoï à écrit son livre .
"il ne peut y avoir d'art sans conscience religieuse et la beauté n'est qu'une perversion de l'art .
Un commentateur sur Amazon définit très bien l'essai de Tolstoï
Je me permets de le reproduire son message ici , il est parfait (à mon sens ) :
La conscience religieuse, 16 avril 2013
Ceci dit par ce que c'est Tolstoï on ne peut s'empecher une certaine sympathie lorsqu'il parle d'art dévoyé par le marché de l'art et le professionnalisme , lorsqu'il regrette toutes les energies dépensées dans des projets futiles quand tant de misère pourrait être soulagée par les sommes englouties dans des expériences artistiques contestables .... quand des fortunes croupissent dans descoffres-forts ... quand l'élitisme creuse l'abîme entre ceux qui ont accès à l'art et ceux qui en sont exclus .
Il n'a pas tort non plus quand il affirme que les critères esthétiques dans nos sociétés occidentales sont rarement sincères et authentiques mais plus souvent artificiels et subordonnés aux lois de ce qu'on appelle aujourd'hui merchandising .
A mon avis otez à son jugement la conscience religieuse et nous retrouvons beaucoup des fondements du communisme ou encore peut-être bien des échos à certaines théories bouddhistes
Romain Rolland le définissait comme un anarchiste chrétien ..
Peut être faut-il aussi retenir de l'expression conscience religieuse que l'étymologie stricte du mot religieux : encore que ... :
Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier)
- relegere, de legere (cueillir, rassembler). Cette filiation sémantique et formelle trouve sa source dans Cicéron et est soutenue par Benveniste. C'est l'expérience de la sacralité, voire de la sainteté, de l'indemne sain et sauf : recueillir pour revenir et recommencer, dans une attention scrupuleuse, dans le respect, la patience, avec pudeur et piété. C'est l'être, l'essence, la chose même de la religion.
- religare, de ligare (lier, relier). C'est une étymologie probablement inventée par les chrétiens : la religion comme lien, lien social, croyance, lien fiduciaire, crédit fait au tout-autre en sa bonne foi, expérience du témoignage, obligation, ligament, devoir, dette entre hommes ou entre l'homme et dieu.
Ces deux sources sémantiques se croisent. Tout en critiquant Benveniste, en insistant sur le fait que l'étymologie ne fait jamais loi, Jacques Derrida les prend au sérieux. La distinction est "quasi-transcendantale". Elle correspond à deux veines irréductibles de la religion. La répétition de cette division est, "en vérité", l'origine de la répétition, la division du même.
Tant que la religion n'est pas instituée, il n'y a pas de terme commun à ce que nous appelons religion, il n'y a pas une chose une et identifiable que tous s'accorderaient à appeler religion. Unifier les deux termes, c'est résister à la disjonction, à l'altérité absolue. ( http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0709031246.html)
Et encore parce que c'est Tolstoï j'aimerais bien m' y attarder davantage ...
Baudelaire , Verlaine ,Mallarmé Pouchkine , Wagner, Beethoven , les impressionnistes sont condamnés
Millet , Dostoievski (difficile à comprendre !) les contes et légendes populaires ont sa faveur
Ah encore : l'objet de la beauté se résume au plaisir .
"il ne peut y avoir d'art sans conscience religieuse et la beauté n'est qu'une perversion de l'art .
Un commentateur sur Amazon définit très bien l'essai de Tolstoï
Je me permets de le reproduire son message ici , il est parfait (à mon sens ) :
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Qu'est-ce que l'art ? (Broché)
Dans ce texte très étonnant Léon Tolstoï explique sa vision sur l'art et le but de l'art.
L'art, la religion, les classes, le professionnalisme
Pour Léon Tolstoï, l'art est une activité humaine qui consiste à transmettre des sentiments (des émotions) par des signes extérieurs. L'art ne consiste pas à créer de la beauté ou du plaisir ou à exprimer des émotions, mais à infecter les spectateurs, les lecteurs ou les auditeurs avec des sentiments. La valeur de ces sentiments doit être déterminée par la conscience religieuse (chrétienne), qui nous dicte ce qui est bon ou mauvais. Le critère de base pour désigner ce qui est bon, est la vie fraternelle de l'ensemble des populations sur terre. Le but de l'art consiste donc à transférer du domaine de la raison au domaine des émotions, la vérité que le bien-être de la population mondiale consiste dans son unité et dans le remplacement de la violence par l'amour (le Royaume de Dieu).
Malheureusement, les classes supérieures, les plus grands `consommateurs' d'art moderne, ont perdu la foi. Ils ont réduit l'art à la transmission de sentiments de vanité, d'amusement et de luxure. L'art est devenu artificiel, insincère et perverti. En un mot, une prostituée.
La sincérité de l'art a également été considérablement affaiblie quand les artistes sont devenus de purs professionnels.
Les moyens et les fins artistiques
Pour Léon Tolstoï, l'art `chrétien' peut être religieux (la transmission de sentiments concernant Dieu) ou universel (la transmission de sentiments quotidiens simples).
Des dissimulations délibérées visant à éveiller la curiosité, la révélation de nouveaux aspects de la réalité ou la mise de points d'interrogation dans une aeuvre n'aident pas, mais entravent la véritable transmission artistique. La poésie herméneutique n'est qu'une suite de mots incompréhensible, alors que le réalisme et le naturalisme ne sont pas plus que des contrefaçons de la réalité.
Évaluation
En effet, une des essences de l'art est la transmission de sentiments (d'émotions) dans le lecteur, l'auditeur ou le spectateur. Mais, la conscience religieuse (chrétienne) ne peut en aucun cas être considérée comme le (seul) critère pour déterminer si l'art est bon ou mauvais. L'art peut aussi transmettre des messages (émotionnels) sur des réalités sociales ou politiques (guerre, paix), sur la psychologie humaine (amour, haine) ou encore sur des réalités potentielles (de l'anticipation).
Les messages peuvent, bien sûr, être transmis sous une forme attrayante, suscitant la curiosité du lecteur/spectateur.
L'analyse de la poésie herméneutique ne vaut peut-être pas la peine (en fin de compte elle ne cache souvent que des sentiments/messages simples), mais les exemples que Léon Tolstoï donne, sont très compréhensibles.
In fine, l'argumentation de Léon Tolstoï concernant la transmission de sentiments simples devient une caricature, quand il rejette le Faust de Goethe parce que la pièce de théâtre n'est qu'une imitation d'anciennes aeuvres d'autres écrivains, ou, quand il appelle les dernières compositions de Beethoven (y compris sa 9me symphonie) du charabia artistique, parce que Beethoven était sourd quand il les a composées.
Ce texte controversé ne peut être recommandé qu'aux fanas de Léon Tolstoï et qu'aux professionnels de (histoire de) l'art.
http://www.amazon.fr/review/R4QSDA08GU60K/ref=cm_cr_dp_title?ie=UTF8&ASIN=2130554407&channel=detail-glance&nodeID=301061&store=booksL'art, la religion, les classes, le professionnalisme
Pour Léon Tolstoï, l'art est une activité humaine qui consiste à transmettre des sentiments (des émotions) par des signes extérieurs. L'art ne consiste pas à créer de la beauté ou du plaisir ou à exprimer des émotions, mais à infecter les spectateurs, les lecteurs ou les auditeurs avec des sentiments. La valeur de ces sentiments doit être déterminée par la conscience religieuse (chrétienne), qui nous dicte ce qui est bon ou mauvais. Le critère de base pour désigner ce qui est bon, est la vie fraternelle de l'ensemble des populations sur terre. Le but de l'art consiste donc à transférer du domaine de la raison au domaine des émotions, la vérité que le bien-être de la population mondiale consiste dans son unité et dans le remplacement de la violence par l'amour (le Royaume de Dieu).
Malheureusement, les classes supérieures, les plus grands `consommateurs' d'art moderne, ont perdu la foi. Ils ont réduit l'art à la transmission de sentiments de vanité, d'amusement et de luxure. L'art est devenu artificiel, insincère et perverti. En un mot, une prostituée.
La sincérité de l'art a également été considérablement affaiblie quand les artistes sont devenus de purs professionnels.
Les moyens et les fins artistiques
Pour Léon Tolstoï, l'art `chrétien' peut être religieux (la transmission de sentiments concernant Dieu) ou universel (la transmission de sentiments quotidiens simples).
Des dissimulations délibérées visant à éveiller la curiosité, la révélation de nouveaux aspects de la réalité ou la mise de points d'interrogation dans une aeuvre n'aident pas, mais entravent la véritable transmission artistique. La poésie herméneutique n'est qu'une suite de mots incompréhensible, alors que le réalisme et le naturalisme ne sont pas plus que des contrefaçons de la réalité.
Évaluation
En effet, une des essences de l'art est la transmission de sentiments (d'émotions) dans le lecteur, l'auditeur ou le spectateur. Mais, la conscience religieuse (chrétienne) ne peut en aucun cas être considérée comme le (seul) critère pour déterminer si l'art est bon ou mauvais. L'art peut aussi transmettre des messages (émotionnels) sur des réalités sociales ou politiques (guerre, paix), sur la psychologie humaine (amour, haine) ou encore sur des réalités potentielles (de l'anticipation).
Les messages peuvent, bien sûr, être transmis sous une forme attrayante, suscitant la curiosité du lecteur/spectateur.
L'analyse de la poésie herméneutique ne vaut peut-être pas la peine (en fin de compte elle ne cache souvent que des sentiments/messages simples), mais les exemples que Léon Tolstoï donne, sont très compréhensibles.
In fine, l'argumentation de Léon Tolstoï concernant la transmission de sentiments simples devient une caricature, quand il rejette le Faust de Goethe parce que la pièce de théâtre n'est qu'une imitation d'anciennes aeuvres d'autres écrivains, ou, quand il appelle les dernières compositions de Beethoven (y compris sa 9me symphonie) du charabia artistique, parce que Beethoven était sourd quand il les a composées.
Ce texte controversé ne peut être recommandé qu'aux fanas de Léon Tolstoï et qu'aux professionnels de (histoire de) l'art.
Ceci dit par ce que c'est Tolstoï on ne peut s'empecher une certaine sympathie lorsqu'il parle d'art dévoyé par le marché de l'art et le professionnalisme , lorsqu'il regrette toutes les energies dépensées dans des projets futiles quand tant de misère pourrait être soulagée par les sommes englouties dans des expériences artistiques contestables .... quand des fortunes croupissent dans descoffres-forts ... quand l'élitisme creuse l'abîme entre ceux qui ont accès à l'art et ceux qui en sont exclus .
Il n'a pas tort non plus quand il affirme que les critères esthétiques dans nos sociétés occidentales sont rarement sincères et authentiques mais plus souvent artificiels et subordonnés aux lois de ce qu'on appelle aujourd'hui merchandising .
A mon avis otez à son jugement la conscience religieuse et nous retrouvons beaucoup des fondements du communisme ou encore peut-être bien des échos à certaines théories bouddhistes
Romain Rolland le définissait comme un anarchiste chrétien ..
Peut être faut-il aussi retenir de l'expression conscience religieuse que l'étymologie stricte du mot religieux : encore que ... :
Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier)
- relegere, de legere (cueillir, rassembler). Cette filiation sémantique et formelle trouve sa source dans Cicéron et est soutenue par Benveniste. C'est l'expérience de la sacralité, voire de la sainteté, de l'indemne sain et sauf : recueillir pour revenir et recommencer, dans une attention scrupuleuse, dans le respect, la patience, avec pudeur et piété. C'est l'être, l'essence, la chose même de la religion.
- religare, de ligare (lier, relier). C'est une étymologie probablement inventée par les chrétiens : la religion comme lien, lien social, croyance, lien fiduciaire, crédit fait au tout-autre en sa bonne foi, expérience du témoignage, obligation, ligament, devoir, dette entre hommes ou entre l'homme et dieu.
Ces deux sources sémantiques se croisent. Tout en critiquant Benveniste, en insistant sur le fait que l'étymologie ne fait jamais loi, Jacques Derrida les prend au sérieux. La distinction est "quasi-transcendantale". Elle correspond à deux veines irréductibles de la religion. La répétition de cette division est, "en vérité", l'origine de la répétition, la division du même.
Tant que la religion n'est pas instituée, il n'y a pas de terme commun à ce que nous appelons religion, il n'y a pas une chose une et identifiable que tous s'accorderaient à appeler religion. Unifier les deux termes, c'est résister à la disjonction, à l'altérité absolue. ( http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0709031246.html)
Et encore parce que c'est Tolstoï j'aimerais bien m' y attarder davantage ...
Baudelaire , Verlaine ,Mallarmé Pouchkine , Wagner, Beethoven , les impressionnistes sont condamnés
Millet , Dostoievski (difficile à comprendre !) les contes et légendes populaires ont sa faveur
Ah encore : l'objet de la beauté se résume au plaisir .
lundi 4 août 2014
Tolstoï par Romain Rolland
Passionnant . J'adore cette manière de Romain
Rolland d'admirer sans édulcorer les faiblesses qui sont fatales
chez les passionnés. La critique des "Ecrits sur l'art " est un
régal notamment bien évidemment quand il s'agit de musique.
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