mardi 3 septembre 2013

Spinoza par Steven Nadler

Quatrième de couverture

La vie de Spinoza (1632-1677) a donné lieu à d’innombrables légendes : le Juif excommunié d’Amsterdam, polisseur de lunettes, accusé d’athéisme, auteur de théories « scandaleuses » sur la politique, a été tour à tour vilipendé et magnifié. Mais on manquait jusqu’à ce jour d’une biographie sérieuse du grand philosophe, si l’on excepte l’ouvrage publié par l’érudit néerlandais Meinsma à la fin du siècle dernier. Or, depuis celui-ci, de nombreux documents ont été découverts, sur le contexte politique et intellectuel du spinozisme, sur les différents milieux traversés par Spinoza (néerlandais, juif, ibérique, cartésien). Surtout, le contexte religieux de la fameuse excommunication prononcée par la Synagogue d’Amsterdam est ici exploré. Pourquoi les rabbins ont-ils prononcé contre Spinoza une condamnation d’une si grande violence, le bannissant et le maudissant ?
À travers l’ouvrage de Nadler, c’est tout le monde intellectuel et religieux des Provinces-Unies du XVIIe siècle qui est ressuscité.
L'auteur: Steven Nadler est professeur de philosophie et membre du Center for Jewish Studies de l’université de Wisconsin, à Madison. Il est l’auteur d’un livre sur Malebranche (Oxford University Press) et vient de publier chez le même éditeur un nouvel ouvrage sur Spinoza et la controverse sur l’immortalité de l’âme.
( http://www.amazon.fr/Spinoza-Steven-Nadler/dp/2227470747/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1378212497&sr=1-1  )

Premier chapitre consacré à   l'installation à Amsterdam de la communauté juive   portugaise.
-En  1492   l'Espagne   expulsa  tous les juifs de son  territoire  qui  avaient  joui d'une vie    tranquille  jusqu'à  la fin  du   XIVème  siécle dans  de bonnes conditons de paux et de  sérénité
Tout changea  en  1491 D'abord en   Castille on se mit à  incendier  des  synagogues ou  à  les transformer en  églises  . Les  juifs  étaient   massacrés  ,  obligés de  se convertir  au  christianisme ou vendus  comme  esclaves   aux musulmans.. Les émeutes antujuives  gaganèrent  rapidement la Catalogne  et   Valence.
Nombreuses  conversions  forcées    dans les premières décennies  du   XV ème s (en1414 particulièrement  .  On  les  appelait   des conversos  et   ils étaient   sous surveillance  stricte  des autorités ecclésiastiques
En dépit   des   monarques   qui  tentèrent  de  sauvegarder    ce  que  la  communaute   juive  représentait    d'un point  de  vue  économique  (riches machands  )  en mettant  fin  au x  persecutions la population  juive  d'Espagne  fut  décimée
Ne subsistaient  que  les conversos  désignés   par les  termes   d'anusim par  les juifs n ou  meshummadim  ou  encore   de  façon  plus péjorative   marranos. Beaucoup  continuaient  de  pratiquer   en  secret  .
En  1479  mariage d'Isabelle  de  Castille et  de Ferdinand  d'Aragon  qui   cherchèrent  à   consolider   l'unité religieuse  en  Espagne
 Ils  favorisent  la ségrégation   des populations  (juifs  et  marranes dont ils  redoutaient   l'influence   sur  les   populations  chrétiennes  ) et      en  1478   le Pape   Sixte    accorde au souverains  d'Espagne le  droit   de nommer   des  Inquisiteurs.
En  1492 l'élimination  du  royaume musulman   de   Grenade  marque  la fin  de la conquête  chrétienne  de l'  Espagne. Afin  de  garantir   l'exclusivité de  la foi   chrétienne   (et  catholique )   les  souverains  signent  un  édit  d'expulsion  frappant  tous   les  juifs .
Conversion  ou  exil : Environ   120 000 juifs    qui  choisirent l'exil  se  rendirent  au  Portugal .D'autres gagnèrent  l'Afrique  du  nord   , l'Italie ou  la Turquie
L'inquisition se chargeaut  de persecuter  les  conversos .
Le  portugal  ne  fut  qu'un   refuge  de  brece  durée  :   le  5  decembre   1496  le  roi  Manuel Ier signaut un  decret    bannissant   juifs  et  musulmans de  son  royaume afin  de  hâter  probablement  son   mariage avec   Isablle  fille  des  souverains d'Espagne.
En  1497   conversion  forcée tous les  enfants jufs furent  baptisés.
Répit  jusqu'en   1547 date   où  une  decision papale   instaure  l'inquistion  libre  et  sans entraves au  Portugal
Pendant toute la seconde  moitié  du  XVI ème  s  les autorités  inquisitoriales   d'Espagne  et  du  Portugal  se montrèrent impitoyables.
Beaucoup   se déplacèrent  vers  le  nord  Aux confins  de   l'empire  des Habsbourg  espérant   que   les pouvoirs de l'  Inquisition   y seraient  moindres   et  qu'ils pourraient  continuer  de pratiquer  en  secret .
Les conversos portugais   commencèrent   à  s'installer   aux  Pays   bas   dès 1512 ,  à  Anvers  (centre  d'une  activité  commerciale  intense  ) En 1537  Charles Quint  donna  son  accord    officiellement  pour la poursuite  de  cette  immigration et  conserva  cette   tolèrance   meme  lorsqu'il  fut  contraint  d'interdire   l'entrée  de  "nouveaux chrétiens"  dans  ses provinces  septentrionales  ( ?) (sous   l'autorité de  l'  inquisition   , pensons   à  Don  Carlos  ! )
Les  archives  font état  des premières installations    de  ces    conversos  portugais   à Amsterdam   entre   1593 et   1610

Rappel   historique   de   l'indépendance   des  Pays  bas >>protestants   : ......
 Depuis 1477 les provinces du  Sud et la Hollande sont sous domination  des Habsbourg:  Charles Quint  puis branche espagnole
Richesse : c'est la region la plus riche d'Europe  (commerce florissant ), naissance du  capitalisme
Division religieuse  (le  Sud catholique  et  le  nord protestant    (persecutions>> inquisition )
 rebellion  contre  le pouvoir  Espagnol et son intolérance religieuse , influence   luthérienne  puis calviniste 
1579 : Union d'Utrecht des provinces du  nord  (naissance des Provinces Unies , déclaration  d'indépendance  en  1581 
Constitution des états  généraux sous la presidence de la  Hollande qui  domine la région , sept républiques   siègent à  La Haye
1648 Traité de La Haye  par lequel  L'Espagne   reconnait la nouvelle  république  
Epanouissement   au   XVIIème s :  economique  et  culturel,   La Hollande devient  première puissance commerciale du  monde (Le  centre  s'est déplacé   durant   la periode de  trouble d'Anvers à  Amsterdam )   , apogée de  la peinture artistique   (ecole flamande  :Rubens  Van Dick,  et   hollandaise Hals,  Vermeer, Ruysdael ,  En science   : philosophie avec  Spinoza   et  Lipse ,  naturalisme avec Leeuvenhoek.



lundi 26 août 2013

La mystique de la croissance


Progrès  n'est pas croissance  et inversement   croissance  n'est pas progrès .
Une idée qui me plait  . je ne rêve pas de retour aux arbres ,  ni  de lavandières aux  lavoir  pas plus que d'éclairage aux chandelles....mais   bien contre  cette  création  de   nouveaux  besoins artificiels au titre de  la croissance  économique  qui  étouffe le peu de conscience écologique  que  nous avions  découvert .
"le plaidoyer   de Dominique Méda montre   l'urgence  qu'il  y  a à  sortir  de cette mystique de la croissance  , une mystique certes dépassée et de plus en plus illusoire mais qui  reste encore  ancrée dans nos consciences  marquées par  des siècles  de   "toujours  plus"  . (libération 26 aout 2013)
Nous sommes   mondialement  en  crise  ;  pourquoi  ne pas  développer  une  économie  fondée  sur  la répartition  des  biens  plutôt que l'accroissement  des richesses qui ne  profitent   qu'au  plus petit nombre  .

samedi 24 août 2013

Le droit et le sacré chez Spinoza

Par   Henry  Méchoulan
A propos du  Traité  théologico-politique et     du Traité politique de Spinoza
Hum , brûlant  réquisitoire  contre   Spinoza et  sa désacralisation  du  pouvoir , d'où la nécessaire séparation  de l'Eglise et  de  l'état   !
Contestation de la  laïcité  ?  

J'ai aussi  appris que   Spinoza était  d'une  misogynie extrème .. Bof  , ni le premier , ni le dernier   !!

vendredi 19 juillet 2013

la condition numérique

Description de l'ouvrage

3 avril 2013 Essais Français
« Internet n’évolue pas selon le plan secret de quelques producteurs de technologie qui fixent son devenir. Des millions de personnes se sont saisis d’un média pour le transformer en un espace social. Il s’agit de bloguer, skyper, tweeter, poster, naviguer, envoyer et relever des sms et des mails, googleiser et, par-dessus tout, de ne pas perdre la connexion.
Une forme nouvelle de la condition humaine naît de cet accès permanent au réseau. Il n’y a plus de virtuel ou de réel. Tout est réel. L’expérience numérique est devenue une veille sans fin qui transforme tout. Les mass médias, les loisirs, le système de production, les rapports interpersonnels et même l’idée que nous nous faisons de la vie. »

dimanche 14 juillet 2013

Chamfort , maximes et pensées


 Nicolas de Chamfort

"Les maximes  sont  dans la vie   ce que les  routines  sont  dans les  arts"

Préface  d'Albert  Camus  à souligner  
Plus qu'un auteur  de  maximes  ,  Chamfort  est  un romancier  .  A la manière  des plus grands    il  dessine  les traits  de   caractères particuliers,  soumis  aux  lois de  l'environnement  et  des  circonstances  .   Les  remarques   ne sont  pas  des  absolus les  généralités ne  sont  que  des  possibles. Ses pensées  sont  des traits, des coups de  sonde, des éclairages brusques, ce  ne  sont  pas  des lois  (A.Camus)    
Qu'est-ce que  la  maxime en  effet   ?  On  peut  dire  en  simplifiant que  c'est une équation où  les  signes   du  premier  terme   se  retrouvent exactement  dans le  second , mais  avec un  ordre différent. C'est pour  celà  que  la  maxime idéale peut  toujours  être  retournée. Toute sa vérité est  en  elle-même et pas plus  que la formule  algébrique, elle n'a de  correspondant  dans l'expérience. On  peut  en  faire  ce que l'on  veut ,  jusqu'à l'épuisement  des  combinaisons possibles  entre  les termes donnés  dans l'énoncé,  que  ces  termes soient   amour ,  haine,  intérêt  ou  pitié, liberté  ou  justice.  On  peut même et  toujours  comme  en  algèbre, tirer  de  l'une   de ces  combinaisons   un pressentiment  à  l'égard  de  l'expérience. Mais  rien  de  cela  ,n'est  réel parce  que  tout  y est  général .
Or l'intéret  de Chamfort est  qu'il  n'écrit  pas  des  maximes  .....(A.C.)
Ces recueils  sont  un  roman  , le roman de sa vie   ,  D'un homme à qui  tout  souriait   mais qui   n'exccepta aucun  compromis dans une  société qu'il  jugeait  méprisable préférant  la solitude à la  réussite  sociale  , mais,   toujours  selon Camus ,  La réussite  sociale   n'a de  sens   que  dans une société à  laquelle  on croit  . .   Homme de  "caractère  comme  le  souligne   Albert  Camus: " La  fortune   pour  arriver à moi  ,  passera par  les  conditions   que lui  impose  mon caractère"  . 

 "il s'agit  d'une morale   d'engagement, et  non  d'une moralité  . En fait   Chamfort   est un  immoraliste :  "jouis  et   fais  jouir  sans   faire  de  mal   à  toi et   à personne  , voilà  je  crois  toute  la  morale   (  je  suis   profondément    Chamfortienne ..... ou camusienne   !!!! )
Si l'incroyance   est la privation   volontaire  d'espérance  , qu'a-t-on  dit  de plus  défintif  à cet égard  :"l'espérance  n'est  qu'un  charlatan  qui  nous  trompe  sans  cesse et  pour  moi  le  bonheur n'a commencé que  lorsque  je  l'ai  pedue  ."

NB :  Chamfort  se  jette  à  corps  perdu  dans  la révolution ,  puis   désaccord , révolté par  les  excès,   ,  il   est  jugé et  se  croit   condamné  .  Il se  suicide  dans  une   veritable  boucherie  exercée  contre lui  même . Quelle  tristesse !


>>>  Sade , Chamfort  ,  Shopenhauer,  Nietzsche ,  Camus   ...

mercredi 12 juin 2013

le symbolisme par Marie Colombet

Description de l'ouvrage

13 octobre 2011
L'essai de Marie Colombet dresse une histoire croisée picturale et littéraire du symbolisme, mouvement esthétique qui prit son essor dès la fin du XIXe siècle, en réaction au naturalisme, au rationalisme, au réalisme. Des toiles de l'initiateur, Puvis de Chavannes, aux prolongements surréalistes que connut cette manière d'appréhender le monde, de la production d'un Barbey d'Aurevilly à celle d'un Breton, l'auteure expose, analyse, dissèque les oeuvres qui ont fait et constamment réinventé le symbolisme, tout en en dévoilant les dynamiques principales (goût pour le mythe, le rêve, la représentation féminine). Par nature et comme l'indique son nom , le symbolisme veut échapper à ce sens que l'on dit « propre », restreint, figé, pour privilégier l'intuitif, l'énigmatique, le pluriel, le caché. En cela, il constitue certainement un défi à la raison et à l'intellectualisation. Est-ce pour autant qu'il est absolument hermétique ? Non, nous affirme Marie Colombet, qui s'emploie à mettre à jour, au fil dune exploration particulièrement riche, les forces créatrices qui y sont à l'oeuvre. Ou le symbolisme enfin apprivoisé.

mardi 11 juin 2013

Burke en héritage

(dans  mes  envies)

Descriptions du produit http://www.amazon.fr/Burke-Le-futur-en-h%C3%A9ritage/dp/product-description/2841865282/ref=dp_proddesc_0?ie=UTF8&n=301061&s=books

Extrait

Les silences d'Ulysse

«Il ne me paraîtrait, en vérité, rien de moins qu'impie de comparer le Parlement irlandais à un antre de cyclopes.»
Lettre à Sir Hercules Langrishe

On peut voir à Cork en Irlande un tableau inhabituel. Burke y est représenté sous les traits d'Ulysse et le peintre, James Barry, a pris lui-même place comme l'un de ses compagnons. L'oeuvre se réfère à l'épisode de l'Odyssée où Ulysse s'échappe avec ceux-ci de la caverne du cyclope Polyphème - endormi à l'arrière-plan - après l'avoir aveuglé. Le genre est celui du «portrait historique» où un moderne se voit revêtu des traits d'un personnage du passé qui, en retour suggère leur comparaison. Le portrait, en effet, fait signe et explicitement. Burke élève l'index selon un geste qui signifie à la fois le conseil et le silence. Dès lors, différentes interprétations peuvent être développées et d'abord celle-ci : la date, 1776, est l'année décisive des événements d'Amérique, celle où les colons proclament leur indépendance. Burke s'est placé à ce moment dans une position dangereuse et le cyclope à ne pas réveiller se nomme George III. La même année, Barry réalise aussi une gravure, «Phénix ou la liberté qui ressuscite». Celle-ci, morte en Angleterre, s'est transportée, pour y revivre, en Amérique. Un personnage mal identifié pourrait être Burke ; si c'est le cas, il est plutôt en mauvaise compagnie, celle d'auteurs «républicains» comme Locke ou Algernon Sidney.
Burke et Barry ont en tout cas en commun d'être irlandais et d'avoir un père officiellement protestant et une mère catholique. Et ce qu'évoque le tableau c'est bien une situation dangereuse pour les deux et plus généralement des croyances et des convictions qui doivent être dissimulées. Le couple d'Edmund reproduit celui du père : continuité de l'Église protestante établie d'un côté, de la foi catholique de l'autre ; et le protestant a un peu tardé à s'affirmer : Burke a grandi dans la vallée de Blackwater, enclave de propriétés catholiques en territoire protestant, et a été éduqué hors des circuits officiels, d'abord dans une des écoles catholiques clandestines (hedge-schools) qui se trouvaient alors en Irlande, puis sous la direction d'un Quaker, Abraham Shackelton. Son oncle maternel, Joseph Nagle, a été décrit comme «le plus détesté par les protestants de tous les catholiques du royaume.» Le père, Richard, n'aurait pu exercer sa profession d'avoué s'il ne s'était «conformé» à l'Église officielle.

Revue de presse

Il n'existait pas, en français, de monographie présentant la pensée d'Edmund Burke (1729-1797). L'ouvrage de Patrick Thierry comble ce manque. Le philosophe irlandais est pourtant un écrivain politique d'importance aux yeux des Anglo-Saxons, apprécié - fait plutôt rare - tant des conservateurs que des libéraux...
Par son fin décryptage des engagements et des textes du philosophe, Patrick Thierry restitue avec bonheur cette figure originale. (Jean Montenot - Lire, mars 2011 )

Biographie de l'auteur

Patrick Thierry, agrégé de philosophie, est ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud. Ses travaux, notamment "La Tolérance. Société démocratique, opinions, vices et vertus" (PUF 1997), portent sur la philosophie morale et politique. Il est aussi le traducteur de Locke, Adam Smith et John Stuart Mill.
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