Pour ne plus courir après mes notes de lectures , conserver des impressions, enthousiasmes ou désaccords, noter tous ces livres convoités car on ne peut pas tout acheter ou tout lire , hélas! Ceci est un brouillon, un instrument de travail utile pour moi mais je souhaiterais suggérer votre participation et vos commentaires , ce qui explique ma décision aujourd'hui de l'ouvrir à tous Merci de votre lecture.
vendredi 12 septembre 2014
les origines ethniques des européens
A lire avec précaution , (voir le commentaire sur Amazon qui me parait fondé. )
http://www.amazon.fr/origines-ethniques-Europ%C3%A9ens-Georges-Cerbelaud-Salagnac/dp/2262008574/ref=sr_1_3?ie=UTF8&qid=1410544562&sr=8-3&keywords=les+origines+ethniques+des+europ%C3%A9ens.
N'étant pas spécialiste , je m'abstiens de lecture .
Certainement de bonnes choses interessantes mais difficile de faire le tri .
C'était tentant mais l'ampleur du sujet incite à la prudence .
Parti-pris fondamentaliste chrétien mis en avant par l'auteur du commentaire et dont on trouve la preuve dès les premières pages (Référence privilégiée à la Genèse)
Dommage la trame du livre était séduisante .
lundi 18 août 2014
Tolstoï : Qu'est-ce que l'art ?
Hou !!! Si ce n'était pas de Tolstoï, je serais effrayée , c'est une condamnation radicale de l'art moderne incluant le romantisme , les impressionnistes , les symbolistes les décadents , sans parler de l'art contemporain qui dessinait son profil à l'époque ou Tolstoï à écrit son livre .
"il ne peut y avoir d'art sans conscience religieuse et la beauté n'est qu'une perversion de l'art .
Un commentateur sur Amazon définit très bien l'essai de Tolstoï
Je me permets de le reproduire son message ici , il est parfait (à mon sens ) :
La conscience religieuse, 16 avril 2013
Ceci dit par ce que c'est Tolstoï on ne peut s'empecher une certaine sympathie lorsqu'il parle d'art dévoyé par le marché de l'art et le professionnalisme , lorsqu'il regrette toutes les energies dépensées dans des projets futiles quand tant de misère pourrait être soulagée par les sommes englouties dans des expériences artistiques contestables .... quand des fortunes croupissent dans descoffres-forts ... quand l'élitisme creuse l'abîme entre ceux qui ont accès à l'art et ceux qui en sont exclus .
Il n'a pas tort non plus quand il affirme que les critères esthétiques dans nos sociétés occidentales sont rarement sincères et authentiques mais plus souvent artificiels et subordonnés aux lois de ce qu'on appelle aujourd'hui merchandising .
A mon avis otez à son jugement la conscience religieuse et nous retrouvons beaucoup des fondements du communisme ou encore peut-être bien des échos à certaines théories bouddhistes
Romain Rolland le définissait comme un anarchiste chrétien ..
Peut être faut-il aussi retenir de l'expression conscience religieuse que l'étymologie stricte du mot religieux : encore que ... :
Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier)
- relegere, de legere (cueillir, rassembler). Cette filiation sémantique et formelle trouve sa source dans Cicéron et est soutenue par Benveniste. C'est l'expérience de la sacralité, voire de la sainteté, de l'indemne sain et sauf : recueillir pour revenir et recommencer, dans une attention scrupuleuse, dans le respect, la patience, avec pudeur et piété. C'est l'être, l'essence, la chose même de la religion.
- religare, de ligare (lier, relier). C'est une étymologie probablement inventée par les chrétiens : la religion comme lien, lien social, croyance, lien fiduciaire, crédit fait au tout-autre en sa bonne foi, expérience du témoignage, obligation, ligament, devoir, dette entre hommes ou entre l'homme et dieu.
Ces deux sources sémantiques se croisent. Tout en critiquant Benveniste, en insistant sur le fait que l'étymologie ne fait jamais loi, Jacques Derrida les prend au sérieux. La distinction est "quasi-transcendantale". Elle correspond à deux veines irréductibles de la religion. La répétition de cette division est, "en vérité", l'origine de la répétition, la division du même.
Tant que la religion n'est pas instituée, il n'y a pas de terme commun à ce que nous appelons religion, il n'y a pas une chose une et identifiable que tous s'accorderaient à appeler religion. Unifier les deux termes, c'est résister à la disjonction, à l'altérité absolue. ( http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0709031246.html)
Et encore parce que c'est Tolstoï j'aimerais bien m' y attarder davantage ...
Baudelaire , Verlaine ,Mallarmé Pouchkine , Wagner, Beethoven , les impressionnistes sont condamnés
Millet , Dostoievski (difficile à comprendre !) les contes et légendes populaires ont sa faveur
Ah encore : l'objet de la beauté se résume au plaisir .
"il ne peut y avoir d'art sans conscience religieuse et la beauté n'est qu'une perversion de l'art .
Un commentateur sur Amazon définit très bien l'essai de Tolstoï
Je me permets de le reproduire son message ici , il est parfait (à mon sens ) :
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Qu'est-ce que l'art ? (Broché)
Dans ce texte très étonnant Léon Tolstoï explique sa vision sur l'art et le but de l'art.
L'art, la religion, les classes, le professionnalisme
Pour Léon Tolstoï, l'art est une activité humaine qui consiste à transmettre des sentiments (des émotions) par des signes extérieurs. L'art ne consiste pas à créer de la beauté ou du plaisir ou à exprimer des émotions, mais à infecter les spectateurs, les lecteurs ou les auditeurs avec des sentiments. La valeur de ces sentiments doit être déterminée par la conscience religieuse (chrétienne), qui nous dicte ce qui est bon ou mauvais. Le critère de base pour désigner ce qui est bon, est la vie fraternelle de l'ensemble des populations sur terre. Le but de l'art consiste donc à transférer du domaine de la raison au domaine des émotions, la vérité que le bien-être de la population mondiale consiste dans son unité et dans le remplacement de la violence par l'amour (le Royaume de Dieu).
Malheureusement, les classes supérieures, les plus grands `consommateurs' d'art moderne, ont perdu la foi. Ils ont réduit l'art à la transmission de sentiments de vanité, d'amusement et de luxure. L'art est devenu artificiel, insincère et perverti. En un mot, une prostituée.
La sincérité de l'art a également été considérablement affaiblie quand les artistes sont devenus de purs professionnels.
Les moyens et les fins artistiques
Pour Léon Tolstoï, l'art `chrétien' peut être religieux (la transmission de sentiments concernant Dieu) ou universel (la transmission de sentiments quotidiens simples).
Des dissimulations délibérées visant à éveiller la curiosité, la révélation de nouveaux aspects de la réalité ou la mise de points d'interrogation dans une aeuvre n'aident pas, mais entravent la véritable transmission artistique. La poésie herméneutique n'est qu'une suite de mots incompréhensible, alors que le réalisme et le naturalisme ne sont pas plus que des contrefaçons de la réalité.
Évaluation
En effet, une des essences de l'art est la transmission de sentiments (d'émotions) dans le lecteur, l'auditeur ou le spectateur. Mais, la conscience religieuse (chrétienne) ne peut en aucun cas être considérée comme le (seul) critère pour déterminer si l'art est bon ou mauvais. L'art peut aussi transmettre des messages (émotionnels) sur des réalités sociales ou politiques (guerre, paix), sur la psychologie humaine (amour, haine) ou encore sur des réalités potentielles (de l'anticipation).
Les messages peuvent, bien sûr, être transmis sous une forme attrayante, suscitant la curiosité du lecteur/spectateur.
L'analyse de la poésie herméneutique ne vaut peut-être pas la peine (en fin de compte elle ne cache souvent que des sentiments/messages simples), mais les exemples que Léon Tolstoï donne, sont très compréhensibles.
In fine, l'argumentation de Léon Tolstoï concernant la transmission de sentiments simples devient une caricature, quand il rejette le Faust de Goethe parce que la pièce de théâtre n'est qu'une imitation d'anciennes aeuvres d'autres écrivains, ou, quand il appelle les dernières compositions de Beethoven (y compris sa 9me symphonie) du charabia artistique, parce que Beethoven était sourd quand il les a composées.
Ce texte controversé ne peut être recommandé qu'aux fanas de Léon Tolstoï et qu'aux professionnels de (histoire de) l'art.
http://www.amazon.fr/review/R4QSDA08GU60K/ref=cm_cr_dp_title?ie=UTF8&ASIN=2130554407&channel=detail-glance&nodeID=301061&store=booksL'art, la religion, les classes, le professionnalisme
Pour Léon Tolstoï, l'art est une activité humaine qui consiste à transmettre des sentiments (des émotions) par des signes extérieurs. L'art ne consiste pas à créer de la beauté ou du plaisir ou à exprimer des émotions, mais à infecter les spectateurs, les lecteurs ou les auditeurs avec des sentiments. La valeur de ces sentiments doit être déterminée par la conscience religieuse (chrétienne), qui nous dicte ce qui est bon ou mauvais. Le critère de base pour désigner ce qui est bon, est la vie fraternelle de l'ensemble des populations sur terre. Le but de l'art consiste donc à transférer du domaine de la raison au domaine des émotions, la vérité que le bien-être de la population mondiale consiste dans son unité et dans le remplacement de la violence par l'amour (le Royaume de Dieu).
Malheureusement, les classes supérieures, les plus grands `consommateurs' d'art moderne, ont perdu la foi. Ils ont réduit l'art à la transmission de sentiments de vanité, d'amusement et de luxure. L'art est devenu artificiel, insincère et perverti. En un mot, une prostituée.
La sincérité de l'art a également été considérablement affaiblie quand les artistes sont devenus de purs professionnels.
Les moyens et les fins artistiques
Pour Léon Tolstoï, l'art `chrétien' peut être religieux (la transmission de sentiments concernant Dieu) ou universel (la transmission de sentiments quotidiens simples).
Des dissimulations délibérées visant à éveiller la curiosité, la révélation de nouveaux aspects de la réalité ou la mise de points d'interrogation dans une aeuvre n'aident pas, mais entravent la véritable transmission artistique. La poésie herméneutique n'est qu'une suite de mots incompréhensible, alors que le réalisme et le naturalisme ne sont pas plus que des contrefaçons de la réalité.
Évaluation
En effet, une des essences de l'art est la transmission de sentiments (d'émotions) dans le lecteur, l'auditeur ou le spectateur. Mais, la conscience religieuse (chrétienne) ne peut en aucun cas être considérée comme le (seul) critère pour déterminer si l'art est bon ou mauvais. L'art peut aussi transmettre des messages (émotionnels) sur des réalités sociales ou politiques (guerre, paix), sur la psychologie humaine (amour, haine) ou encore sur des réalités potentielles (de l'anticipation).
Les messages peuvent, bien sûr, être transmis sous une forme attrayante, suscitant la curiosité du lecteur/spectateur.
L'analyse de la poésie herméneutique ne vaut peut-être pas la peine (en fin de compte elle ne cache souvent que des sentiments/messages simples), mais les exemples que Léon Tolstoï donne, sont très compréhensibles.
In fine, l'argumentation de Léon Tolstoï concernant la transmission de sentiments simples devient une caricature, quand il rejette le Faust de Goethe parce que la pièce de théâtre n'est qu'une imitation d'anciennes aeuvres d'autres écrivains, ou, quand il appelle les dernières compositions de Beethoven (y compris sa 9me symphonie) du charabia artistique, parce que Beethoven était sourd quand il les a composées.
Ce texte controversé ne peut être recommandé qu'aux fanas de Léon Tolstoï et qu'aux professionnels de (histoire de) l'art.
Ceci dit par ce que c'est Tolstoï on ne peut s'empecher une certaine sympathie lorsqu'il parle d'art dévoyé par le marché de l'art et le professionnalisme , lorsqu'il regrette toutes les energies dépensées dans des projets futiles quand tant de misère pourrait être soulagée par les sommes englouties dans des expériences artistiques contestables .... quand des fortunes croupissent dans descoffres-forts ... quand l'élitisme creuse l'abîme entre ceux qui ont accès à l'art et ceux qui en sont exclus .
Il n'a pas tort non plus quand il affirme que les critères esthétiques dans nos sociétés occidentales sont rarement sincères et authentiques mais plus souvent artificiels et subordonnés aux lois de ce qu'on appelle aujourd'hui merchandising .
A mon avis otez à son jugement la conscience religieuse et nous retrouvons beaucoup des fondements du communisme ou encore peut-être bien des échos à certaines théories bouddhistes
Romain Rolland le définissait comme un anarchiste chrétien ..
Peut être faut-il aussi retenir de l'expression conscience religieuse que l'étymologie stricte du mot religieux : encore que ... :
Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier)
- relegere, de legere (cueillir, rassembler). Cette filiation sémantique et formelle trouve sa source dans Cicéron et est soutenue par Benveniste. C'est l'expérience de la sacralité, voire de la sainteté, de l'indemne sain et sauf : recueillir pour revenir et recommencer, dans une attention scrupuleuse, dans le respect, la patience, avec pudeur et piété. C'est l'être, l'essence, la chose même de la religion.
- religare, de ligare (lier, relier). C'est une étymologie probablement inventée par les chrétiens : la religion comme lien, lien social, croyance, lien fiduciaire, crédit fait au tout-autre en sa bonne foi, expérience du témoignage, obligation, ligament, devoir, dette entre hommes ou entre l'homme et dieu.
Ces deux sources sémantiques se croisent. Tout en critiquant Benveniste, en insistant sur le fait que l'étymologie ne fait jamais loi, Jacques Derrida les prend au sérieux. La distinction est "quasi-transcendantale". Elle correspond à deux veines irréductibles de la religion. La répétition de cette division est, "en vérité", l'origine de la répétition, la division du même.
Tant que la religion n'est pas instituée, il n'y a pas de terme commun à ce que nous appelons religion, il n'y a pas une chose une et identifiable que tous s'accorderaient à appeler religion. Unifier les deux termes, c'est résister à la disjonction, à l'altérité absolue. ( http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0709031246.html)
Et encore parce que c'est Tolstoï j'aimerais bien m' y attarder davantage ...
Baudelaire , Verlaine ,Mallarmé Pouchkine , Wagner, Beethoven , les impressionnistes sont condamnés
Millet , Dostoievski (difficile à comprendre !) les contes et légendes populaires ont sa faveur
Ah encore : l'objet de la beauté se résume au plaisir .
lundi 4 août 2014
Tolstoï par Romain Rolland
Passionnant . J'adore cette manière de Romain
Rolland d'admirer sans édulcorer les faiblesses qui sont fatales
chez les passionnés. La critique des "Ecrits sur l'art " est un
régal notamment bien évidemment quand il s'agit de musique.
mercredi 23 juillet 2014
Sacré et profane (dans la musique )
Quatrième de couverture :
"Du Moyen âge, époque pendant laquelle toute expérience musicale était vouée à la divinité, au XXéme siècle , où il est de bon ton de déplorer la fin du sacré , ce livre est un questionnement sur e sacré et le profane en musique. Faut-il trouver des passerelles entre ces deux notions ou alors les opposer ? Leurs rapports sont complexes : sont-ils conflictuels ?
Les Textes présentés ici poussent plutôt au dépassement des contraires et à l'abandon d'une opposition un peu convenue. S'ils témoignent de la présence et de l'influence des thèmes sacrés dans la création musicale, ils expriment aussi l'évolution des normes et du vocabulaire de la musique sacrée, ainsi que l'émergence de techniques nouvelles de composition et la force de rituels sociaux qui ont permis le rapprochement du sacré et du profane."
"Du Moyen âge, époque pendant laquelle toute expérience musicale était vouée à la divinité, au XXéme siècle , où il est de bon ton de déplorer la fin du sacré , ce livre est un questionnement sur e sacré et le profane en musique. Faut-il trouver des passerelles entre ces deux notions ou alors les opposer ? Leurs rapports sont complexes : sont-ils conflictuels ?
Les Textes présentés ici poussent plutôt au dépassement des contraires et à l'abandon d'une opposition un peu convenue. S'ils témoignent de la présence et de l'influence des thèmes sacrés dans la création musicale, ils expriment aussi l'évolution des normes et du vocabulaire de la musique sacrée, ainsi que l'émergence de techniques nouvelles de composition et la force de rituels sociaux qui ont permis le rapprochement du sacré et du profane."
dimanche 8 juin 2014
Ecrits sceptiques de Bertrand Russell
Essais sceptiques
Responsables :
Bertrand Russell, préface de Mathias Leboeuf, traduction de André Bernard
Résumé
Prenant pour point de
départ l’irrationalité du monde, B. Russell offre par contraste un point
de vue paradoxal et subversif : la croyance en la capacité de la raison
à déterminer les actions humaines. Ces essais (1928) avaient pressenti
les horreurs qui résultèrent des passions irrationnelles issues des
convictions religieuses et politiques, aussi connurent-ils un large
succès.
( http://www.laprocure.com/essais-sceptiques-bertrand-russell/9782251200088.html )
____
Contre l'irrationnel, Bertrand Russel propose le doute
Par Jean Blain (Lire), publié le
Le scepticisme de Bertrand Russell est un plaidoyer en faveur de la tolérance religieuse et politique.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html#fa4fMlFS7bfTGu2m.99
Mathématicien, logicien et philosophe, Bertrand Russell (1872-1970) est l'un des esprits les plus brillants du Royaume-Uni. Auteur des Principia mathematica (1910-1913),
ouvrage majeur de la logique moderne rédigé avec son ami Whitehead, et
partisan d'une philosophie scientifique fondée sur l'analyse logique, il
fut aussi un moraliste et un philosophe engagé. En 1916, son pacifisme
lui coûte d'être démis de ses fonctions au Trinity College à Cambridge
et d'être incarcéré quelques mois. Il recevra en 1950 le Nobel de
littérature, pour avoir été "au travers de ses nombreux écrits le
porte-parole de la libre pensée et des idéaux humanistes".
Dans ses Essais sceptiques, publiés en 1928, Russell propose, avec humour, une doctrine dont il craint qu'elle paraisse "terriblement paradoxale et subversive", à savoir qu'"il n'est pas désirable d'admettre une proposition quand il n'y a aucune raison de supposer qu'elle est vraie". Le scepticisme rationnel ne consiste pas à douter de tout, au point de ne plus pouvoir agir. Russell reconnaît tout résultat scientifique établi, non comme absolument certain, car, même s'ils sont d'accord, les spécialistes peuvent se tromper, mais "comme suffisamment probable pour fournir la base d'une action rationnelle".
En revanche, le degré de passion et d'intolérance avec lequel sont défendues les opinions religieuses et politiques pour lesquelles les hommes acceptent de se battre mesure précisément le manque de raisons logiques en leur faveur. Au fil de pages consacrées aux sujets les plus divers, la superstition, le bonheur, l'intolérance religieuse, l'éducation ou encore le puritanisme, Russell s'emploie à montrer que seule une bonne dose de scepticisme peut déjouer les illusions qui nous font adhérer aux croyances irrationnelles et croire, par exemple, que les actions guidées par la haine de l'autre sont en réalité commandées par l'amour de la justice. Ce plaidoyer sceptique pour la tolérance et la libre pensée repose sur la conviction qu'il est possible d'augmenter notre capacité à former des jugements rationnels et de promouvoir ainsi la morale authentique, fondée non sur l'envie et la restriction, mais sur le désir d'une vie pleine et la recherche du bonheur
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html#fa4fMlFS7bfTGu2m.99
http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.htmlDans ses Essais sceptiques, publiés en 1928, Russell propose, avec humour, une doctrine dont il craint qu'elle paraisse "terriblement paradoxale et subversive", à savoir qu'"il n'est pas désirable d'admettre une proposition quand il n'y a aucune raison de supposer qu'elle est vraie". Le scepticisme rationnel ne consiste pas à douter de tout, au point de ne plus pouvoir agir. Russell reconnaît tout résultat scientifique établi, non comme absolument certain, car, même s'ils sont d'accord, les spécialistes peuvent se tromper, mais "comme suffisamment probable pour fournir la base d'une action rationnelle".
En revanche, le degré de passion et d'intolérance avec lequel sont défendues les opinions religieuses et politiques pour lesquelles les hommes acceptent de se battre mesure précisément le manque de raisons logiques en leur faveur. Au fil de pages consacrées aux sujets les plus divers, la superstition, le bonheur, l'intolérance religieuse, l'éducation ou encore le puritanisme, Russell s'emploie à montrer que seule une bonne dose de scepticisme peut déjouer les illusions qui nous font adhérer aux croyances irrationnelles et croire, par exemple, que les actions guidées par la haine de l'autre sont en réalité commandées par l'amour de la justice. Ce plaidoyer sceptique pour la tolérance et la libre pensée repose sur la conviction qu'il est possible d'augmenter notre capacité à former des jugements rationnels et de promouvoir ainsi la morale authentique, fondée non sur l'envie et la restriction, mais sur le désir d'une vie pleine et la recherche du bonheur
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/contre-l-irrationnel-bertrand-russel-propose-le-doute_990145.html#fa4fMlFS7bfTGu2m.99
____
les belles lettres sommaire :
II- Rêves et faits
III- La science est-elle superstitieuse ?
IV- L'homme peut-il être raisonnable ?
V- La philosophie au XXe siècle
VI- La machine et les sentiments
VII- Le Behaviourisme et les valeurs
VIII- Idéals du bonheur en Orient et en Occident
IX- le mal que font les « Hommes de Bien »
X- La recrudescence du puritanisme
XI- Le besoin de scepticisme en politique
XII- Pensée libre et propagande officielle
XIII- La liberté et la société
XIV- La liberté contre l'autorité dans l'éducation
XV- Psychologie et politique
XVI- Le danger des guerres de religion
XVII- Quelques perspectives gaies et autres
Bibliographie
_____
Sur Libération
Faut pas croire
CRITIQUE
Le philosophe Bertrand Russell démonte peurs et mythes irrationnels
Silhouette
dégingandée, chevelure blanche en pétard, pipe à la bouche. Une tête
qu’illuminent des yeux malicieux, posée sur un cou très fin. De loin, on
dirait monsieur Hulot. Dire qu’il est le plus grand philosophe
britannique du XXe siècle, qui a refaçonné tous les concepts
des mathématiques dans la perspective du «logicisme», en les fondant non
plus sur les axiomes arithmétiques mais sur la théorie des classes et
des relations, en ferait un personnage trop austère. En fait, Bertrand
Arthur William Russell est un drôle de zigue. Il se définit lui-même
comme «un whig britannique», et dit avoir l’amour british «du compromis et de la modération». On ne le croit pas vraiment, car, Sir Bertrand, on songe à le situer partout, sauf dans une «position moyenne».
Pacifisme. Moyenne n’est pas son ascendance : né le 18 mai 1872 à Trellech, Monmouthshire (mort le 2 février 1970 près de Penrhyndeudraeth, pays de Galles), orphelin de mère à deux ans, de père à quatre, il est le 3e comte Russell, petit-fils de John Russell, Premier ministre de la reine Victoria. Hors norme, comparable à celle d’une rock star, est la gloire qu’il connut de son vivant, avant et après le prix Nobel de littérature qu’il obtint en 1950, et jusqu’à la création, avec Jean-Paul Sartre, du Tribunal contre les crimes américains au Vietnam. Peu modérée est sa vie sentimentale, qui le fit se marier quatre fois et aller d’aventure en aventure. Enfiévrés apparaissent ses engagements politiques et éthiques, qui le firent défendre, au prix de quelques séjours en prison, le désarmement nucléaire, le pacifisme, les droits des femmes, l’éducation non autoritaire, l’amour libre, et fustiger le dogmatisme, la religion, la pruderie, les injustices du capitalisme… Voudrait-on quand même avaliser l’amour de la modération, il faudrait probablement le chercher dans le rapport que Russell entretient avec la vérité. Bien que faisant pleinement confiance aux sciences, il ne pense pas que quelque chose puisse avoir, jamais, le statut de vérité absolue, ni, à l’inverse, que toutes les propositions prétendent s’équivaloir sans se soumettre au verdict d’une argumentation sensée qui en montrerait soit l’invérifiabilité ou la fausseté (absolue) soit la vérité (relative). Aussi Sir Bertrand penche-t-il du côté du scepticisme. Non un «scepticisme héroïque» à la Pyrrhon, rejetant la possibilité même de la connaissance vraie, mais un scepticisme soft, qui cultive la disposition à écarter toute hypothèse infondée, contrôle les opinions en les confrontant loyalement aux opinions adverses et oppose des raisons raisonnables aux égarements irraisonnables des croyances.
Publiés en 1928, au moment où il adjoignait de plus en plus à son travail de philosophe, de logicien et d’épistémologue un intense activisme politique, les Ecrits sceptiques n’ont pas peu contribué à la renommée de Bertrand Russell. Ils ne provoquent pas le scandale que suscitera l’année suivante leMariage et la morale. Mais font probablement mieux. Ou irritent encore davantage bigots et bien-pensants, parce que le maître du Trinity College de Cambridge, en mêlant l’ironie, l’argumentation, l’exemplification, y démonte calmement les mythes, les peurs, les croyances sises dans la culture occidentale, qu’ils touchent l’influence de la psychanalyse, la théorie de la relativité, la superstition qui peut s’insinuer dans la science, les faux-semblants de la politique, la liberté, «les dangers des guerres de religion», le puritanisme ou «le mal que font les "hommes de bien"».
Bonheur. Comment faire pour que diminuent «les revenus des voyantes, des bookmakers, des évêques, de tous ceux enfin qui tirent leur subsistance des espoirs irrationnels» des gens ? Eh bien, il faut patiemment identifier, puis, par la force des faits, extirper les racines folles de nos convictions et nos actions, entre autres ces catégories mortifères que sont la culpabilité et le péché, «notion géographique». Ce n’est qu’ainsi que dans l’existence, dans la vie sociale, la vie politique, pourront se dégager «quelques perspectives gaies», et un idéal du bonheur qui n’exigerait pas, pour être bâti, la misère d’autrui. Aux yeux des ligues de vertu, qui empêcheront qu’il enseigne au New York City College, Bertrand Russell est l’auteur d’une œuvre «lubrique» et «dépourvue de toute fibre morale». Il écrivait : «Nous avons besoin d’une morale fondée sur l’amour de la vie, sur la joie de la croissance et des accomplissements positifs et non sur la répression et l’interdiction. On devrait considérer un homme comme "un homme de bien" s’il est heureux, expressif, généreux et joyeux du bonheur des autres.»
Robert MAGGIORIPacifisme. Moyenne n’est pas son ascendance : né le 18 mai 1872 à Trellech, Monmouthshire (mort le 2 février 1970 près de Penrhyndeudraeth, pays de Galles), orphelin de mère à deux ans, de père à quatre, il est le 3e comte Russell, petit-fils de John Russell, Premier ministre de la reine Victoria. Hors norme, comparable à celle d’une rock star, est la gloire qu’il connut de son vivant, avant et après le prix Nobel de littérature qu’il obtint en 1950, et jusqu’à la création, avec Jean-Paul Sartre, du Tribunal contre les crimes américains au Vietnam. Peu modérée est sa vie sentimentale, qui le fit se marier quatre fois et aller d’aventure en aventure. Enfiévrés apparaissent ses engagements politiques et éthiques, qui le firent défendre, au prix de quelques séjours en prison, le désarmement nucléaire, le pacifisme, les droits des femmes, l’éducation non autoritaire, l’amour libre, et fustiger le dogmatisme, la religion, la pruderie, les injustices du capitalisme… Voudrait-on quand même avaliser l’amour de la modération, il faudrait probablement le chercher dans le rapport que Russell entretient avec la vérité. Bien que faisant pleinement confiance aux sciences, il ne pense pas que quelque chose puisse avoir, jamais, le statut de vérité absolue, ni, à l’inverse, que toutes les propositions prétendent s’équivaloir sans se soumettre au verdict d’une argumentation sensée qui en montrerait soit l’invérifiabilité ou la fausseté (absolue) soit la vérité (relative). Aussi Sir Bertrand penche-t-il du côté du scepticisme. Non un «scepticisme héroïque» à la Pyrrhon, rejetant la possibilité même de la connaissance vraie, mais un scepticisme soft, qui cultive la disposition à écarter toute hypothèse infondée, contrôle les opinions en les confrontant loyalement aux opinions adverses et oppose des raisons raisonnables aux égarements irraisonnables des croyances.
Publiés en 1928, au moment où il adjoignait de plus en plus à son travail de philosophe, de logicien et d’épistémologue un intense activisme politique, les Ecrits sceptiques n’ont pas peu contribué à la renommée de Bertrand Russell. Ils ne provoquent pas le scandale que suscitera l’année suivante leMariage et la morale. Mais font probablement mieux. Ou irritent encore davantage bigots et bien-pensants, parce que le maître du Trinity College de Cambridge, en mêlant l’ironie, l’argumentation, l’exemplification, y démonte calmement les mythes, les peurs, les croyances sises dans la culture occidentale, qu’ils touchent l’influence de la psychanalyse, la théorie de la relativité, la superstition qui peut s’insinuer dans la science, les faux-semblants de la politique, la liberté, «les dangers des guerres de religion», le puritanisme ou «le mal que font les "hommes de bien"».
Bonheur. Comment faire pour que diminuent «les revenus des voyantes, des bookmakers, des évêques, de tous ceux enfin qui tirent leur subsistance des espoirs irrationnels» des gens ? Eh bien, il faut patiemment identifier, puis, par la force des faits, extirper les racines folles de nos convictions et nos actions, entre autres ces catégories mortifères que sont la culpabilité et le péché, «notion géographique». Ce n’est qu’ainsi que dans l’existence, dans la vie sociale, la vie politique, pourront se dégager «quelques perspectives gaies», et un idéal du bonheur qui n’exigerait pas, pour être bâti, la misère d’autrui. Aux yeux des ligues de vertu, qui empêcheront qu’il enseigne au New York City College, Bertrand Russell est l’auteur d’une œuvre «lubrique» et «dépourvue de toute fibre morale». Il écrivait : «Nous avons besoin d’une morale fondée sur l’amour de la vie, sur la joie de la croissance et des accomplissements positifs et non sur la répression et l’interdiction. On devrait considérer un homme comme "un homme de bien" s’il est heureux, expressif, généreux et joyeux du bonheur des autres.»
dimanche 11 mai 2014
le manuel d'Epictète
Ouvrage emprunté à la Médiathèque de Brétigny sur orge:
Merci encore une fois à Pierre Remacle et à son site qui reproduisent l'oeuvre dans son intégralité
http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/epictete/manuel.htm
ce qu'en dit Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pict%C3%A8te
Sur Epictète :
Épictète, philosophe grec en grec ancien Ἐπίκτητος / Epíktêtos, qui signifie « homme acheté, serviteur », (Hiérapolis, Phrygie, 50 • Nicopolis, Épire 125 ou 130) était un philosophe de l’école stoïcienne. Sa vie est relativement peu connue, et il ne laissa aucune œuvre écrite de sa main. Son disciple Arrien
assura la transmission de son œuvre en publiant les notes prises lors
des leçons de son maître, en huit livres, dont la moitié sont
aujourd'hui perdus, ainsi qu'un condensé de doctrine morale, le Manuel, textes qui eurent une influence certaine sur Marc-Aurèle.
Épictète met fortement en avant la partie éthique de la philosophie. Bien qu'il enseigne également la logique stoïcienne, il insiste fortement sur la prépondérance de l'action, et sa philosophie est avant tout pratique. Fidèle aux conceptions traditionnelles de l'école du portique, il présente l'Homme comme soumis au destin ordonné par les dieux. Son enseignement se veut une méthode pour atteindre le bonheur par l'ataraxie, la paix de l'âme en acceptant, avec courage et amour, tout décret du destin inexorable, en accomplissant loyalement son devoir en dépit des circonstances, et en agissant avec bienveillance envers les autres Hommes.
Épictète s'inscrit dans la tradition stoïcienne et ses développements les plus récents à l'époque impériale. Son enseignement connu ne porte pas trace d'une étude de la physique, et met l'étude de la logique, traditionnelle dans l'école, au second plan. L'éthique est divisée en éthique théorique et éthique pratique, la première étant subordonnée à la seconde7 ; son enseignement se décompose en trois temps : l'apprentissage des règles de vies, correspondant à l'éthique pratique, est la première étape et la plus nécessaire. La justification de ces pratiques, qui est l'éthique théorique, vient en second et n'est que complémentaire et explicative. Le soubassement dialectique qui soutien la véracité des principes théoriques vient en dernier, et constitue la logique8.
À l'instar d'autres représentants tardifs du stoïcisme, Épictète se réfère largement à la tradition cynique. Il cite à de nombreuses reprises le nom, les vertus et l'exemple de Diogène de Sinope. À travers ce retour, il cherche à se rattacher à Socrate qu'il met sur le même plan que Diogène et cite également en exemple. Épictète établit entre eux un lien par leur commun mépris de la mort, leur exigence de liberté, et leur indifférence aux biens extérieurs.
La question principale à laquelle tente de répondre la philosophie d’Épictète est de savoir comment il faut vivre sa vie. Face à cette première interrogation, tous les autres grands questionnements de la philosophie sont de peu d’importance à ses yeux. À cette fin, Épictète se pose tout d’abord la question de l’existence, ou non, d’une « nature des choses » qui est invariable, inviolable et valable pour tous les hommes sans exception. Sa réponse est claire : la « nature des choses » existe et il la formule, au début de son Manuel, en disant que, de toutes les choses du monde, certaines sont en notre pouvoir exclusif tandis que d’autres ne le sont pas. Nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinaisons, nos aversions — en un mot, toutes nos actions — appartiennent à la première classe des choses et il les appelle « prohairétiques ». Le corps, les biens, la réputation, les dignités — en un mot, toutes les choses qui ne sont pas du nombre de nos actions — appartiennent à la deuxième classe des choses et il les appelle « aprohairétiques ». Qu’est-ce donc la prohairesis ? Épictète nous montre que la prohairesis est la faculté qui nous fait différents de tous les autres êtres vivants. Elle est la faculté qui nous permet de désirer ou d’avoir de l’aversion, de ressentir un besoin impulsif ou de la répulsion, de dire oui ou non, selon nos jugements. Les choses prohairetiques sont libres par leur nature justement parce que la liberté de notre prohairesis est absolue: elle ne peut être restreinte ni par la douleur, ni par la mort, ni par quoi que ce soit qui lui est extérieur. Si notre prohairesis fait que nous nous accommodons d’un fait quelconque c’est qu’elle a ainsi décidé.
Ainsi, bien que nous ne soyons pas responsables des représentations qui naissent librement dans notre conscience, nous sommes absolument et sans aucun doute responsables de la manière dont nous faisons usage de celles-ci. D’après Épictète il est primordial de garder à l’esprit qu’en dehors de notre prohairesis il n’existe ni bien ni mal, et qu’il est vain de tenter de modifier la nature des choses. Quel est donc le critère qui nous permet de respecter dans n’importe quelle situation la nature des choses? Épictète nous explique que ce critère est un jugement qu’il faut apprendre par la philosophie et il appelle ce jugement dihairesis. Face à tout ce qui est aprohairétique (événements, objets, individus, etc.) quelle est alors l’attitude qu’il faut avoir? Il faut avoir l’attitude du bon joueur d’échecs, c’est-à-dire le courage de jouer et de vaincre.
Et si on perd la partie? Perdre aussi fait partie de la nature des choses. Si on perd la partie, la dihairesis qui nous guide nous empêche de faire quelconque réclamation pour ce qui advient et qui ne dépend pas de nous. En effet, il faut accepter ce que les événements et le destin nous apportent, tant que ceci n’est pas de notre ressort. L’Homme est partie intégrante d’un système qui le dépasse. Plutôt que de s’opposer vainement au sort qui lui est réservé, il l’accepte et dit merci pour l’occasion qu’il a eu de jouer, car il comprend le divin qui est en lui et fait raisonner sa vie au diapason de ses jugements guidés par la dihairesis. Cela signifie que, pourvu qu’on ait sauvegardé la liberté de notre prohairesis et respecté les règles du jeu, même si on a perdu le match d’un jour, le vrai match a toujours été gagné.
Pour le stoïcien rien ne sert de vénérer la nature, les dieux ou d’autres maîtres. Seuls des principes rationnels doivent permettre de comprendre — ou simplement accepter — le mouvement du monde et des hommes. C’est par une analyse rationnelle qu’il détermine ce qui ne dépend pas de lui, et c’est grâce à cette même raison qu’il définit ses jugements sur le monde.
Reflexions personnelles donc qui n'engagent que moi !
En lisant les aphorismes du Manuel je suis surprise par la similitude des propos avec ceux que me tenait un bouddhiste (tibétain) propos également cités sur des sites de ce courant philosophique ou religieux . (Hormis ce que j'ai surligné en rouge sur la nature des choses contraire à la vacuité)
Dirons-nous que le bouddhisme tibétain a subi l'influence des stoIciens grecs ou l'inverse ? Les religions comparées ou les philosophies co!mparées , l'histoire des idées nous pousse à une étude du parallélisme Mais surement plutôt que le stoïcisme est une philosophie commune ., une sagesse partagée . La remarque plus interessante est peut être le fait qu'elle se répande à nouveau dans nos sociétés occidentales si l'on prend en compte l’engouement croissant pour ces formes de pensées qui nous revient sous des formes exotiques : recherche du bonheur par l'ataraxie en particulier , apaisement du stress de l'individu ou de nos sociétés , renoncement par l'acceptation de notre finitude et de notre impuissance à modifier le monde et ce qui nous environne.
Quelques aphorismes du Manuel pour expliquer mon sentiment :
I
5. Ainsi, à toute idée rude[ii], exerce-toi à dire aussitôt : « Tu es une idée, et tu n’es pas tout à fait ce que tu représentes. » Puis examine-la, applique les règles que tu sais, et d’abord et avant toutes les autres celle qui fait reconnaître si quelque chose dépend ou ne dépend pas de nous ; et si l’idée est relative à quelque chose qui ne dépende pas de nous, sois prêt à dire : « Cela ne me regarde pas. »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_d%27%C3%89pict%C3%A8te
Rappel Ataraxie : bonheur par l'absence de passions
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ataraxie
Merci encore une fois à Pierre Remacle et à son site qui reproduisent l'oeuvre dans son intégralité
http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/epictete/manuel.htm
ce qu'en dit Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pict%C3%A8te
Sur Epictète :
| Naissance | 50 Hiérapolis, Phrygie |
|
|---|---|---|
| Décès | 125 ou 130 Nicopolis, Épire |
|
| École/tradition | Philosophie antique | |
| Principaux intérêts | Éthique, morale, Conscience | |
| Œuvres principales | Manuel d'Épictète, Entretiens d'Épictète | |
| Influencé par | Stoïcisme, Cynisme, Socrate, Diogène de Sinope | |
| A influencé | Arrien, Junius Rusticus, Marc Aurèle, Blaise Pascal, Alain, Albert Ellis, Jonathan Barnes |
Épictète met fortement en avant la partie éthique de la philosophie. Bien qu'il enseigne également la logique stoïcienne, il insiste fortement sur la prépondérance de l'action, et sa philosophie est avant tout pratique. Fidèle aux conceptions traditionnelles de l'école du portique, il présente l'Homme comme soumis au destin ordonné par les dieux. Son enseignement se veut une méthode pour atteindre le bonheur par l'ataraxie, la paix de l'âme en acceptant, avec courage et amour, tout décret du destin inexorable, en accomplissant loyalement son devoir en dépit des circonstances, et en agissant avec bienveillance envers les autres Hommes.
Épictète s'inscrit dans la tradition stoïcienne et ses développements les plus récents à l'époque impériale. Son enseignement connu ne porte pas trace d'une étude de la physique, et met l'étude de la logique, traditionnelle dans l'école, au second plan. L'éthique est divisée en éthique théorique et éthique pratique, la première étant subordonnée à la seconde7 ; son enseignement se décompose en trois temps : l'apprentissage des règles de vies, correspondant à l'éthique pratique, est la première étape et la plus nécessaire. La justification de ces pratiques, qui est l'éthique théorique, vient en second et n'est que complémentaire et explicative. Le soubassement dialectique qui soutien la véracité des principes théoriques vient en dernier, et constitue la logique8.
À l'instar d'autres représentants tardifs du stoïcisme, Épictète se réfère largement à la tradition cynique. Il cite à de nombreuses reprises le nom, les vertus et l'exemple de Diogène de Sinope. À travers ce retour, il cherche à se rattacher à Socrate qu'il met sur le même plan que Diogène et cite également en exemple. Épictète établit entre eux un lien par leur commun mépris de la mort, leur exigence de liberté, et leur indifférence aux biens extérieurs.
La question principale à laquelle tente de répondre la philosophie d’Épictète est de savoir comment il faut vivre sa vie. Face à cette première interrogation, tous les autres grands questionnements de la philosophie sont de peu d’importance à ses yeux. À cette fin, Épictète se pose tout d’abord la question de l’existence, ou non, d’une « nature des choses » qui est invariable, inviolable et valable pour tous les hommes sans exception. Sa réponse est claire : la « nature des choses » existe et il la formule, au début de son Manuel, en disant que, de toutes les choses du monde, certaines sont en notre pouvoir exclusif tandis que d’autres ne le sont pas. Nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinaisons, nos aversions — en un mot, toutes nos actions — appartiennent à la première classe des choses et il les appelle « prohairétiques ». Le corps, les biens, la réputation, les dignités — en un mot, toutes les choses qui ne sont pas du nombre de nos actions — appartiennent à la deuxième classe des choses et il les appelle « aprohairétiques ». Qu’est-ce donc la prohairesis ? Épictète nous montre que la prohairesis est la faculté qui nous fait différents de tous les autres êtres vivants. Elle est la faculté qui nous permet de désirer ou d’avoir de l’aversion, de ressentir un besoin impulsif ou de la répulsion, de dire oui ou non, selon nos jugements. Les choses prohairetiques sont libres par leur nature justement parce que la liberté de notre prohairesis est absolue: elle ne peut être restreinte ni par la douleur, ni par la mort, ni par quoi que ce soit qui lui est extérieur. Si notre prohairesis fait que nous nous accommodons d’un fait quelconque c’est qu’elle a ainsi décidé.
Ainsi, bien que nous ne soyons pas responsables des représentations qui naissent librement dans notre conscience, nous sommes absolument et sans aucun doute responsables de la manière dont nous faisons usage de celles-ci. D’après Épictète il est primordial de garder à l’esprit qu’en dehors de notre prohairesis il n’existe ni bien ni mal, et qu’il est vain de tenter de modifier la nature des choses. Quel est donc le critère qui nous permet de respecter dans n’importe quelle situation la nature des choses? Épictète nous explique que ce critère est un jugement qu’il faut apprendre par la philosophie et il appelle ce jugement dihairesis. Face à tout ce qui est aprohairétique (événements, objets, individus, etc.) quelle est alors l’attitude qu’il faut avoir? Il faut avoir l’attitude du bon joueur d’échecs, c’est-à-dire le courage de jouer et de vaincre.
Et si on perd la partie? Perdre aussi fait partie de la nature des choses. Si on perd la partie, la dihairesis qui nous guide nous empêche de faire quelconque réclamation pour ce qui advient et qui ne dépend pas de nous. En effet, il faut accepter ce que les événements et le destin nous apportent, tant que ceci n’est pas de notre ressort. L’Homme est partie intégrante d’un système qui le dépasse. Plutôt que de s’opposer vainement au sort qui lui est réservé, il l’accepte et dit merci pour l’occasion qu’il a eu de jouer, car il comprend le divin qui est en lui et fait raisonner sa vie au diapason de ses jugements guidés par la dihairesis. Cela signifie que, pourvu qu’on ait sauvegardé la liberté de notre prohairesis et respecté les règles du jeu, même si on a perdu le match d’un jour, le vrai match a toujours été gagné.
Pour le stoïcien rien ne sert de vénérer la nature, les dieux ou d’autres maîtres. Seuls des principes rationnels doivent permettre de comprendre — ou simplement accepter — le mouvement du monde et des hommes. C’est par une analyse rationnelle qu’il détermine ce qui ne dépend pas de lui, et c’est grâce à cette même raison qu’il définit ses jugements sur le monde.
La psychologie d’Épictète
Le paradigme psychologique contemporain des thérapies cognitives est fondé, dans une mesure significative, sur une série de conceptions psychologiques développées par Épictète. Au premier rang desquelles figurent les notions de représentations et de jugement. En effet, le Manuel repose sur l’adage central d’Épictète : « ce ne sont pas les choses qui te nuisent mais le jugement que tu portes sur elles ». La thérapie cognitive, telle qu’initiée par A. Ellis et A. Beck se base sur cette même idée : les conduites dysfonctionnelles des individus, les pathologies et problématiques psychologiques sont le fruit de processus représentationnels inadaptés, qui donnent à percevoir le monde de façon contre-productive9.Reflexions personnelles donc qui n'engagent que moi !
En lisant les aphorismes du Manuel je suis surprise par la similitude des propos avec ceux que me tenait un bouddhiste (tibétain) propos également cités sur des sites de ce courant philosophique ou religieux . (Hormis ce que j'ai surligné en rouge sur la nature des choses contraire à la vacuité)
Dirons-nous que le bouddhisme tibétain a subi l'influence des stoIciens grecs ou l'inverse ? Les religions comparées ou les philosophies co!mparées , l'histoire des idées nous pousse à une étude du parallélisme Mais surement plutôt que le stoïcisme est une philosophie commune ., une sagesse partagée . La remarque plus interessante est peut être le fait qu'elle se répande à nouveau dans nos sociétés occidentales si l'on prend en compte l’engouement croissant pour ces formes de pensées qui nous revient sous des formes exotiques : recherche du bonheur par l'ataraxie en particulier , apaisement du stress de l'individu ou de nos sociétés , renoncement par l'acceptation de notre finitude et de notre impuissance à modifier le monde et ce qui nous environne.
Quelques aphorismes du Manuel pour expliquer mon sentiment :
I
5. Ainsi, à toute idée rude[ii], exerce-toi à dire aussitôt : « Tu es une idée, et tu n’es pas tout à fait ce que tu représentes. » Puis examine-la, applique les règles que tu sais, et d’abord et avant toutes les autres celle qui fait reconnaître si quelque chose dépend ou ne dépend pas de nous ; et si l’idée est relative à quelque chose qui ne dépende pas de nous, sois prêt à dire : « Cela ne me regarde pas. »
III
A
propos de tout objet d’agrément, d’utilité ou d’affection,
n’oublie pas de te dire en toi-même ce qu’il est, à commencer par
les moins considérables. Si tu aimes une marmite, dis : « C’est
une marmite que j’aime ; » alors, quand elle se cassera, tu
n’en seras pas troublé : quand tu embrasses ton enfant ou ta
femme, dis-toi que c’est un être humain[iv]
que tu embrasses ; et alors sa mort ne te troublera pas.
VIII
Ne
demande pas que ce qui arrive arrive comme tu désires ; mais désire
que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux.
XIV
2.
On est toujours le maître d’un homme, quand on a le pouvoir de lui
donner ou de lui ôter ce qu’il veut ou ce qu’il ne veut pas. Si
l’on veut être libre, qu’on n’ait ni désir ni aversion
pour rien de ce qui dépend d’autrui ; sinon, il faut être esclave.
XVI
Quand
tu vois quelqu’un qui pleure, soit parce qu’il est en deuil, soit
parce que son fils est au loin, soit parce qu’il a perdu ce qu’il
possédait, prends garde de te laisser emporter par l’idée que
les accidents du dehors qui lui arrivent sont des maux.
Rappelle-toi sur-le-champ que ce qui l’afflige ce n’est pas
l’accident, qui n’en afflige pas d’autre que lui, mais le jugement
qu’il porte sur cet accident. Cependant n’hésite pas à lui témoigner,
au moins des lèvres, ta sympathie, et même, s’il le faut, à gémir
avec lui ; mais prends garde de gémir du fond de l’âme.
XIX
1.
Tu peux être invincible, si tu ne t’engages dans aucune lutte, où il
ne dépend pas de toi d’être vainqueur.
XXXIII
1.
Retrace-toi dès maintenant un genre de vie particulier, un plan de
conduite, que tu suivras, et quand tu seras seul et quand tu te
trouveras avec d’autres.
2.
Et d’abord garde ordinairement le silence, ou ne dis que ce qui est nécessaire
et en peu de mots. Il pourra arriver, mais rarement, que tu doives
parler quand l’occasion l’exigera ; mais ne parie sur rien de
frivole : ne parle pas de combats de gladiateurs, de courses du cirque,
d’athlètes, de boire et de manger, sujets ordinaires des
conversations ; surtout ne parle pas des personnes, soit pour blâmer,
soit pour louer, soit pour faire de parallèles. 3.
Si tu le peux, ramène par tes discours les entretiens de ceux avec qui
tu vis sur des sujets convenables. Si tu te trouves isolé au milieu
d’étrangers, garde le silence.
4.
Ne ris pas beaucoup, ni de beaucoup de choses, ni avec excès.
XXXVII
Quand
tu as pris un rôle au-dessus de tes forces, non seulement tu y as fait
une pauvre figure, mais encore tu as laissé de côté celui que tu
aurais pu remplir.
XLI
C’est
la marque d’un manque de disposition pour la vertu que de
donner une grande place aux choses du corps, comme de donner beaucoup de
temps à faire de la gymnastique, à manger, à boire, à excréter. Il
ne faut faire tout cela qu’accessoirement, et appliquer toute son
attention à son esprit.
Wikipedia : sur le manuel
Sur le Manuel :http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_d%27%C3%89pict%C3%A8te
Rappel Ataraxie : bonheur par l'absence de passions
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ataraxie
mercredi 2 avril 2014
Le corps en miettes de Sylviane Agacinski
La propagande en faveur de la GPA ne saurait masquer la violence d'une telle pratique. au nom de la dignité de la personne humaine, ce livre appelle à résister." (4ème de couverture )
à dévorer ...
Premier mérite de S. A.
est de mettre l'accent sur la difficulté à nous exprimer publiquement sur ce sujet compte tenu des confusions idéologiques que nous subissons aujourd'hui dans bien des domaines .
Nos schémas traditionnels sont bouleversés , les clivages idéologiques ou politiques ne "tiennent plus la route " : mariage pour tous , Pma, Gpa , immigration , religion , écologie ..
Nous brassons trop d'informations , nous sommes confrontés à trop de renversements de valeurs .Il y a dans ce monde en crise , une accélération des processus avec des effets imprévus, qui remettent en cause nos convictions ou au moins imposent une nouvelle réflexion libre et indépendante de ce qui pouvait nous paraitre des engagements définitifs .
La Gpa est présentée comme une idée de gauche , ce qu'elle n'est pas nous démontre S.A.
"Sur le fond, cette revendication n'a rien à faire avec une pensée de gauche : elle repose sur une idéologie "moderniste", soi-disant progressiste qui n'a d'autre horizon quel la societé de consommation et du baby business."
"après l'aliénation des hommes dans le travail à la chaine et leur exploitation économique une forme "inédite d’aliénation biologique s'installe dans la procréation artificielle à laquelle les femmes doivent "activement collaborer
"La mise à disposition de l'utérus féminin est en effet une pièce indispensable au dispositif "d'ensemble de la production d'enfants en laboratoire.
Manipulation psychologique , rhétorique de l'altruisme : on veut faire appel au sentiment de générosité : gestation pour autrui , souffrance des couples sans enfants ...etc
Le corps saisi par l'économie à inscrire dans une longue tradition de servitude .
nouvelle terminologie : gestatrice
Dignité humaine contre liberté
Enfant qui devient un produit
L'enfant fabriqué
Le marché du corps : tissus sang organes enfant
le corps humain comme ressources
les greffes d'organes sauvent des vies mais la pression de la demande représente une menace grave sur ceux dont elle convoite la substance .
les donneuses de l'est : ce sont des femmes frappées par le chômage et la pauvreté "elles fournissent en ovocytes les quelques 140 cliniques espagnoles spécialisées dans la fertilité "aidez-les ! donnez la vie = mille euros d'indemnités dérisoires par rapport aux bénéfices empochés par ces cliniques
(et pourtant l'option n'est pas une partie de plaisir ...!!! (horrible description !
""l’écœurement vous prend à lire le témoignage du médecin soutenant que ces femmes agissent par altruisme !"
l'ART américain : les structures américaines : ART = Assisted Reproductive T
Surrogate mother (mères de substitution , mères porteuses .
Le net assure la mondialisation du commerce des bébés technology
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