mardi 5 septembre 2017

La parrêsia , Michel Foucault : Le Courage de la vérité


Un article à  ne pas perdre sur  Actu Philosophia :

Michel Foucault : Le Courage de la vérité. Le Gouvernement de soi et des autres II


[...]
 S’il est bien une qualité que l’on ne saurait refuser au cynique, c’est la parrêsia : le cynique, c’est celui qui a le « courage de la vérité » envers et contre tout, qui dit la vérité sans ménager la société ou son interlocuteur. Après la parrêsia politique et la parrêsia socratique, la parrêsia cynique constitue une troisième grande forme de courage de la vérité.
4°) Retour du politique, retour au politique
La parrêsia cynique qui se distingue, comme Foucault l’a montré de la parrêsia politique (au sens du dire-vrai de l’orateur face à une assemblée) reconduit pourtant à la fois indirectement et plus directement à la question politique. Le philosophe cynique, en effet, dans la mesure où il s’efforce de s’exercer à la « vraie vie », à une vie réduite au plus essentiel et où il dénonce l’hypocrisie des valeurs reçues, des mensonges et des faux-semblants du monde comme il va, dans la mesure où il critique la servitude volontaire prônée par les tenants de l’ordre établi, le philosophe cynique, donc, fait surgir l’horizon d’un monde radicalement autre dont l’avènement supposerait la transformation du monde tel qu’il est : faire advenir ce monde est une tâche politique, le politique étant à entendre ici comme travail continuel sur soi et exigence insistante face aux autres [11]. Le souci de soi n’est donc pas une recherche de bien-être narcissique ou solitaire mais une pratique sociale qui doit mener à une invitation au bon gouvernement des hommes : il faut se soucier correctement de soi afin de pouvoir se soucier correctement des autres [12]. La parrêsia cynique ne peut exister que sous le regard d’autrui : il faut qu’il y ait des gens qui regardent Diogène se masturber en public, marcher en plein jour avec une lanterne en disant « Je cherche un homme », traîner un hareng le long d’une canne à pêche et faire ses divers happenings pour que la philosophie cynique fonctionne. En se constituant comme individus scandaleux et agressifs, les cyniques mettent ainsi tous ceux qui les regardent face à leurs propres contradictions : l’ascèse de soi (et c’est là l’une des originalités du cynisme par rapport aux autres écoles philosophiques de l’Antiquité) ne vaut que si elle est adressée sur la place publique dans une provocation aux autres. Elle est donc, en ce sens intrinsèquement politique (mais pas au sens de la parrêsia politique étudiée lors du cours de 1982-1983).
[...]

mercredi 23 août 2017

Edgar Morin : mes philosophes





Edgar Morin  évoque les figures  qui  ont  éclairé et nourri  sa vie et  sa pensée...

Héraclite
Montaigne
Pascal
Spinoza
Rousseau
Hegel
Marx
Freud
Jung
Heidegger
Piaget
Jsus
Bouddha
Dostoievski
Proust
Illich
Beethoven
Les  penseurs de la  science et les scientifiques  penseurs.

lundi 31 juillet 2017

Regis Debray Allons aux faits


2016

Croyances  historiques  , réalités  religieuses
Avant   ou  après  Madame H ?
 Les   differentes  manières  de faire  l'histoire  ..

Le jardin de Winter , récit de "fins du monde"




Critique sur Phebus  : Le jardin de Winter
Auteure :  Valérie  Fritsch née en  1989 ,  Autriche.
Un excellent  roman qui m'a  marquée  profondément  par  son  originalité narrative pour traiter d'un  thème banal aujourd'hui ,  "la fin  du  monde" , par son  atmosphère poétique,  aux frontières du  fantastique  et de la  métaphore  .
Une catégorie   (un  genre  de  récits  ) que je croise  énormément  ces temps ci en  littérature  et   en  cinéma
Je le rapproche  de
Le mur  invisible   un  film   et une auteur   Allemande  ,
Le  cheval  de   Turin  film   du  hongrois  Bela  Tarr 
Mélancolia  , le fim  de   Lars  von  Trier

Tant de choses  pourraient  être  dites sur  le  sujet  , sur  ces  oeuvres  et sur  le sentiment  général  qui  s'en  dégage  ....
Réflexions  immédiates :

Parce qu'il  est  fréquent  qu'à  la fin de sa vie  un  homme  associe  la sienne  et celle  de   l'humanité  ?
  Non  car  ces récits me  semblent partagés  par toutes les générations aujourd'hui 

Parce que nous   avons  pris conscience  récemment  que   les richesses de la planète  n'étaient  pas  inépuisables  ,  parce que   nous   croyons comprendre  que l'homme  a les  moyens de détruire  la  planète ,au  moins  de  la rendre  invivable  pour l'humanité  ?
S'il  n'en  fait  pas  partie  il préfère la  déclarer   morte comme lui .
Une  conception  qui   exclut le post-humain

Parce qu'incapables de privilégier   un  nouvel  idéal  ,  nous  serions submergés  par  le  pessimisme?
Ceux qui  ne partagent   pas ce pessimisme  se suffisent-ils de la  dimension   prosaïque   qu'ils  donnent   à  leur  vie ?ou tout simplement   ont-ils renoncé  à vouloir  trouver  un  sens  à  la  vie.

Quelles options  inspirent  les  plus  optimistes qui  rejettent  ces mauvais  augures ?
Parce que  convaincus  que  leur  propre  existence   n'est  pas encore   menacée  ils refusent  d'envisager  l'issue   pour   les  ( x?)  générations futures qui les  obligeraient   à  changer   leur  mode  vie  .

Faudrait-il croire  au  réveil  de  la sagesse   et  dans la possibilité  d'un  changement  de cap  efficace  ?
???....

dimanche 2 avril 2017

Les existences moindres , David Lapoujade



En  1938 ,  lorsque  le  philosophe  Étienne  Souriau dresse  l'inventaire des différents  modes d'existence qui  peuplent le  monde,  une classe  d'être   retient  particulièrement  son  attention :  les  êtres  virtuels
Ce sont   toutes les  potentialités qui  accompagnent  les  existences  comme  des dimensions  d'elles-mêmes, ce qu'elles pourraient être  si .... 
Ce ne sont pas de simples possibles, car   les virtuels  existent   à  leur   manière. Le problème  c'est  qu'ils  manquent  de  réalité, comme  s'il  n'y avait   pas de place   pour  eux dans le monde  réel .
Celui   qui  veut les  faire  exister  davantage, leur  donner "plus" de réalité n'est pas seulement un  créateur, c'est un  avocat.  Il  lutte  pour leur  droit  à  exister  davantage, à  occuper  légitimement une  place  dans ce monde réel. toute création  n'est -elle  pas un plaidoyer   en  faveur des nouvelles existences qu'elle  crée ?
N'est-ce pas le problème  de toutes les existences, dès lors  qu'elles sont privées  du  droit  d'exister de telle  ou telle manière?  C'est l'interrogation  qui  parcourt  ce livre, au croisement de l'existence, de l'art  et  du  droit. (4ème de  couv.)